Nicolas Hulot le 17 janvier 2018.
Nicolas Hulot le 17 janvier 2018. — CHARLES PLATIAU / POOL / AFP

ECOLO

«L'Emission politique»: «Gilets jaunes», tacle à Macron... Ce qu'il faut retenir du passage de Nicolas Hulot

L'ancien ministre de l'Ecologie faisait son retour médiatique depuis sa démission du gouvernement ...

Depuis son départ du gouvernement, on n’avait presque plus de nouvelles. Nicolas Hulot a fait son retour médiatique dans L’Emission politique ce jeudi soir sur France 2. En pleine contestation des «gilets jaunes», la parole de l’écologiste était très attendue. L’ancien animateur télé n’a d’ailleurs pas échappé aux questions sur la fiscalité écologique, sans manquer d’égratigner, au passage, Emmanuel Macron. Vous n’avez pas suivi l’émission ? Voici un résumé.

La crise des « gilets jaunes » était « évitable »

Nicolas Hulot a été interrogé sur la hausse de la taxe carbone dénoncée par les « gilets jaunes ». « Je l’ai défendue et je l’assume », mais « il faut un accompagnement social digne de ce nom », a déclaré l’ancien ministre, soulignant que cet accompagnement était « ce qui a manqué ».

Pour l’écolo, la crise des « gilets jaunes » était d’ailleurs « évitable » : « Je me suis battu, et notamment les semaines qui ont précédé mon départ, pour qu’on change complètement d’échelle dans l’accompagnement social de la transition énergétique et écologique, avec des propositions concrètes. Je n’ai pas été entendu ».

Un message vivement critiqué par le représentant des « gilets jaunes » Benoit Julou. « Je me demande si Nicolas Hulot n’est pas devenu comique. Est-ce que vous savez ce que c’est de vivre avec 1.200 euros par mois ? Ces gens-là ne peuvent pas faire de prêt à la banque pour acheter une nouvelle voiture. Pour l’écologie, on va laisser crever des gens sur le bord de la route. »

« Bronchite » contre « cancer généralisé », Hulot égratigne Macron

Nicolas Hulot est revenu sur sa démission fin août. « À partir du moment où je restais, je cautionnais les choses, je ne cautionnais pas un mensonge conscient, mais une forme de mystification. On se donnait le sentiment qu’on était à la hauteur des enjeux, et on ne l’était pas ». Au passage, l’intéressé a étrillé Emmanuel Macron. « On n’a pas réussi à se comprendre. Je pense qu’on ne mesurait pas la même gravité. On n’avait pas le même diagnostic sur l’état de la planète et sur les menaces qui pèsent sur l’humanité ». Il ajoute, cinglant : « Si on vous dit que vous avez une bronchite ou un cancer généralisé, ce n’est pas la même chose ».

Nucléaire : Hulot propose la fermeture de 6 réacteurs d’ici 2028

Nicolas Hulot n’en doute pas : l’objectif de réduire de 75 à 50 % la part de nucléaire dans la production d’électricité en 2035 est réalisable. A une condition : fermer au moins 6 réacteurs d’ici 2028, en plus des deux de Fessenheim, et qu’il n’y ait pas de nouvel EPR construit.

« Avec le réchauffement climatique, on va avoir un problème d’eau. Comment on va refroidir les réacteurs ? J’ai de grandes réserves sur le nucléaire car, on n’est pas capable de gérer la situation que ce soit à Fukushima, Bure, ou Tchernobyl », s’est-il inquiété, alors que le gouvernement doit annoncer la feuille de route énergétique de la France pour les 10 ans à venir ce mardi.

Quel avenir politique ?

Nicolas Hulot a déclaré qu’il ne soutiendrait aucune liste aux élections européennes, se disant seulement « disponible [pour agir] mais pas dans le champ politique traditionnel ».

« Ce qui m’intéresse, c’est que l’ensemble de la classe politique prenne des réformes structurantes. Je voudrais qu’il y ait une surenchère de propositions a maxima sur l’écologie ». Quant à une éventuelle candidature au scrutin présidentiel de 2022, c’est « un fantasme de journaliste », a-t-il balayé.