VIDEO. «Réformiste militant», «trotskiste»... Qui est Yves Veyrier, le nouveau numéro 1 de Force ouvrière?

DIRECTION Yves Veyrier est le plus ancien membre du bureau confédéral du syndicat, où il siège depuis 2004...

20 Minutes avec AFP

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Yves Veyrier a été désigné, le 22 novembre 2018, pour prendre la tête du syndicat Force ouvrière.
Yves Veyrier a été désigné, le 22 novembre 2018, pour prendre la tête du syndicat Force ouvrière. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Un mois après la démission de Pascal Pavageau, Yves Veyrier, un ingénieur de formation de 60 ans, a été élu ce jeudi à la tête de Force ouvrière (FO), ébranlée par des dissensions internes depuis le scandale du fichier. « Réformiste militant », « trotskiste », « macronisme compatible »… Qui est le nouveau numéro 1 du syndicat ?

Le très discret Yves Veyrier, 60 ans, a longuement cheminé aux côtés de Jean-Claude Mailly et connaît la confédération comme sa poche. Né le 13 mai 1958, à Hussein Dey en Algérie, qu’il quitte pour la France trois mois plus tard, Yves Veyrier est le plus ancien membre du bureau confédéral (direction composée de hauts dirigeants dont le secrétaire général), où il siège depuis 2004.

Un homme attaché à l’indépendance « absolue » des syndicats

Diplôme d’ingénieur des travaux de la météorologie, sciences physiques et statistiques en main, il entre en 1984 au service prévisions de la Météorologie nationale, l’actuelle Météo France. Dès l’année suivante, Yves Veyrier devient responsable FO de la météo, avant d’être promu secrétaire de la fédération de l’équipement, des transports et des services en 1995. Elu à la commission exécutive confédérale de FO en 1996, il intègre huit ans plus tard le bureau confédéral, aux côtés de Jean-Claude Mailly, fraîchement élu secrétaire général de l’organisation.

Au sein de la direction, il s’attelle à la communication interne et externe. Force ouvrière n’ayant pas de service de presse, c’est lui qui décrypte alors pour les journalistes les rouages de ce syndicat complexe, sorte d’auberge espagnole où se côtoient des militants sans étiquette, des socialistes, des trotskistes, des anarchistes et des personnes proches de la droite voire de l’extrême droite. Farouchement attaché à l’indépendance « absolue » des syndicats de tout parti politique et des enjeux patronaux, il s’occupe aussi des dossiers internationaux et européens, ce qui lui vaut de nombreux déplacements, notamment au siège de l’Organisation internationale du travail, en Suisse.

Un « réformiste militant »

En 2017, il doit faire le tour des unions départementales pour tenter de déminer la grogne interne liée au refus de Jean-Claude Mailly de se mobiliser contre les ordonnances réformant le Code du travail. Certains militants loueront « son courage » lors de cet épisode, d’autres ne le lui pardonnent toujours pas, le présentant comme un « clone » de l’ex-secrétaire général de FO. En 2018, avec l’arrivée de Pascal Pavageau, il est maintenu au bureau mais récupère un autre portefeuille : celui des études prospectives, relations institutionnelles et de l’histoire de l’organisation, « un placard » diront ses détracteurs.

Lui-même se présente comme un « réformiste militant », « déterminé à œuvrer » pour « l’émancipation de la classe ouvrière ». Se défendant d’être un « trotskiste » ou « macronisme compatible », il s’étonne que « le reproche le plus grand (soit) celui d’avoir été secrétaire confédéral au côté de Jean-Claude Mailly ». Se présentant comme un ancien « fervent soutien de Marc Blondel », charismatique dirigeant de FO entre 1989 et 2004, il se dit « indéfectiblement attaché à la liberté et à l’indépendance syndicale, imprégné de l’idéal des philosophes des Lumières, laïque ». «  Je ne suis pas le clone de (Jean-Claude) Mailly, ni celui de Pascal Pavageau », ni celui de Marc Blondel, numéro un de FO de 1989 à 2004, s’est-il défendu ce jeudi.