VIDEO. En gilet jaune, le député Lassalle provoque une brève suspension de séance à l'Assemblée

MOBILISATION « Retirez ce gilet ! » « allez manifester hors de cet hémicycle », a lancé Richard Ferrand (LREM) à plusieurs reprises à Jean Lassalle, l’élu des Pyrénées-Atlantiques...

20 Minutes avec AFP

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Jean Lassalle à l'Assemblée
Jean Lassalle à l'Assemblée — THOMAS SAMSON / AFP

Le député non-inscrit Jean Lassalle a provoqué ce mercredi une brève et rare suspension de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée en arborant un « gilet jaune », alors que le président de l’Assemblée Richard Ferrand lui avait intimé de le « retirer ».

 

« Retirez ce gilet ! » « allez manifester hors de cet hémicycle », a lancé Richard Ferrand (LREM) à plusieurs reprises à l’élu des Pyrénées-Atlantiques, imperturbable.

Les huissiers, qui s’étaient approchés de l’ex-berger béarnais, en haut des travées, n’ont pas obtenu immédiatement qu’il retire le gilet, symbole de la mobilisation contre la hausse des taxes sur les carburants. Après un moment de flottement, la séance a été brièvement suspendue, un fait peu fréquent lors des « QAG ».

«Veuillez immédiatement retirer ce gilet»

L’incident s’est produit alors que le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner répondait à une question de Jean-Michel Fauvergue (LREM) sur la mobilisation des « gilets jaunes ».

« Les conditions d’organisation de ces multiples manifestations (…) mettent en risque d’abord celles et ceux qui manifestent, celles et ceux qui veulent circuler, et mettent aussi en risque, non pas les comportements + cirquiesques +…», a dit le ministre avant d’être interrompu.

Richard Ferrand a alors lancé à Jean Lassalle : « Je vous rappelle au règlement… M. Lassalle, veuillez immédiatement retirer ce gilet…. parfait M. Lassalle, ce rappel au règlement sera évidemment inscrit au procès-verbal et vous en subirez les conséquences », en l’occurrence une sanction financière.

Vives protestations

A la suspension, l’ex-candidat à la présidentielle a retiré son gilet et l’a remisé dans sa sacoche.

Les élus RN et les Insoumis ont peu après quitté l’hémicycle, Marine Le Pen s’insurgeant dans les couloirs de l’Assemblée des propos « indignes » du ministre et de son « cynisme » vis-à-vis du mouvement des « gilets jaunes ». « Castaner a été nommé garde du corps du président de la République. Il a remplacé Benalla », a-t-elle asséné.

Christophe « Castaner est dans la provocation depuis trois jours, c’est lui qui fait monter l’ambiance », a ajouté le député insoumis Eric Coquerel.

A la reprise, le ministre de l’Intérieur a repris la parole : « M. Lassalle sait par expérience que si le ridicule ne tue pas, je pense aux deux personnes qui sont mortes depuis samedi, je pense aux 584 blessés, je pense aux 110 policiers et gendarmes qui pour garantir la protection du droit fondamental de manifester se sont retrouvés blessés », a-t-il déclaré, applaudi debout par les parlementaires de la majorité. Pour sa part, Jean Lassalle s’est levé pour protester vivement.