Dans l'Essonne, moins d'un électeur sur cinq s'est rendu aux urnes pour le premier tour des législatives partielles devant désigner le successeur de Manuel Valls.
Dans l'Essonne, moins d'un électeur sur cinq s'est rendu aux urnes pour le premier tour des législatives partielles devant désigner le successeur de Manuel Valls. — DAMOURETTE/SIPA

LEGISLATIVE PARTIELLE

Succession de Valls en Essonne: Le maire d'Evry et la candidate LFI qualifiés pour le second tour

Moins d’un électeur sur cinq s’est rendu aux urnes…

Duel pour l’ancien siège de Manuel Valls : le maire d’Evry, soutenu par LREM, et la candidate Insoumise se sont qualifiés dimanche pour le second tour de la législative partielle en Essonne, qui doit aboutir à l’élection d’un nouveau député à la place de l’ex-Premier ministre.

L’ex-Premier ministre a démissionné début octobre et annoncé sa candidature à la mairie de Barcelone, laissant vacant son siège de député dans la première circonscription de l’Essonne, un poste pour lequel onze candidats étaient en lice.

A l’issue du premier tour organisé dimanche, les deux favoris du scrutin se sont qualifiés pour le second tour du 25 novembre, devant le candidat du RN, dans un contexte de très forte abstention. Francis Chouat, bras droit historique de Manuel Valls, est arrivé en tête avec 29,99 % des voix, devant la candidate de La France Insoumise (LFI) Farida Amrani (17,82 %) et le candidat du RN, Grégory Saillol (13,72 %).

18 % des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes

Le scrutin a cependant très peu mobilisé : seuls 18,08 % des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes, bien loin du taux de participation déjà faible des législatives en juin 2017 (40,11 %).

« Dans une abstention malheureusement trop importante, c’est un résultat qui conforte une offre politique nouvelle que nous avions proposée il y a maintenant à peine sept semaines », a déclaré Francis Chouat. « Cette campagne a été présentée comme un match entre Valls et Mélenchon, ou Mélenchon et Macron », a-t-il poursuivi. « Je constate qu’avec 30 % des voix et 12 points de plus que la candidate de La France insoumise, ce pari a été manqué », s’est-il réjoui.

Farida Amrani a salué le « message clair » des électeurs, appelant « l’ensemble des forces progressistes à se rassembler » autour de sa candidature. « Le score très haut du Rassemblement national nous oblige à agir avec responsabilité. Nous entendons cette colère qui s’exprime dans les urnes. Elle doit se traduire dimanche prochain par un vote utile, avec lequel nous combattrons sans pitié la politique de Macron », a-t-elle déclaré.

La candidate EELV-PS Eva Sas est arrivée en quatrième position (10,53 %), devant le LR Jean-François Bayle (10,21 %) et le communiste Michel Nouaille (8,43 %). Ce dernier a appelé à voter pour la candidature de LFI, a indiqué Farida Amrani sur Twitter. « Notre position elle est claire, c’est de faire barrage à la droite et l’extrême droite. Francis Chouat est un proche de Macron, nous soutiendrons la candidature d’Amrani », a déclaré dimanche soir le Parti communiste départemental.

139 voix d’écart en 2017

Francis Chouat, maire d’Evry et bras droit historique de Manuel Valls qui se présente sans étiquette – mais soutenu par LREM, a voté à la mi-journée au sein de la mairie qu’il dirige depuis 2012, selon son compte Twitter.

Sa principale rivale, Farida Amrani (La France insoumise), avait perdu de seulement 139 voix face à l’ancien Premier ministre en juin 2017. Elle a voté dans un bureau d’Evry en milieu de matinée, a indiqué son équipe.

Le précédent scrutin extrêmement tendu

Le précédent scrutin s’était déroulé dans une ambiance extrêmement tendue : Manuel Valls avait revendiqué la victoire sous les cris de « tricheur, tricheur » des militants Insoumis, dénonçant de son côté une « campagne de haine ».

Farida Amrani avait porté plainte pour fraude, plainte qui avait finalement été classée sans suite.

Un an et demi plus tard, celle qui avait un temps espéré rassembler à gauche était en concurrence dimanche avec Eva Sas pour le Parti socialiste et Europe Ecologie-les Verts, et avec le communiste Michel Nouaille pour le PCF et Génération(s). Si ces derniers comptent la soutenir en cas de qualification au second tour prévu le 25 novembre, le PS et EELV devraient rester sur une posture du « ni-ni ».

Du côté des Républicains, l’adjoint au maire de Corbeil-Essonnes Jean-François Bayle était candidat, sans le soutien toutefois de son maire Jean-Pierre Bechter, qui s’est mis en retrait de son parti pour soutenir Francis Chouat et faire barrage à la candidate LFI.