Législative partielle en Essonne: Jean-Luc Mélenchon en meeting pour faire battre Manuel Valls et sa «brochette de zombies»

REPORTAGE Jean-Luc Mélenchon est venu soutenir jeudi soir la candidate LFI à Corbeil-Essonnes avant le premier tour de l’élection partielle, dans l’ancienne circonscription de Manuel Valls…

Thibaut Le Gal

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Mélenchon
Mélenchon — IROZ GAIZKA / AFP
  • Onze candidats brigueront la succession de Manuel Valls, qui a démissionné pour se lancer dans la course à la mairie de Barcelone, lors de cette élection législative partielle dont les deux tours sont programmés les 18 et 25 novembre.
  • Jean-Luc Mélenchon est venu soutenir jeudi soir la candidate LFI à Corbeil-Essonnes avant le premier tour de l’élection partielle dimanche.

« Vous le connaissez, vous l’avez supporté presque aussi longtemps que moi. » Jean-Luc Mélenchon n’attend pas bien longtemps pour lancer ses premières flèches. Le patron de La France insoumise était jeudi soir à Corbeil-Essonnes pour soutenir la candidate insoumise avant le premier tour la législative partielle dimanche, dans l’ancien fief de Manuel Valls.

« Lui vous avait dit "je vous aime, je resterai toujours avec vous, y’a que vous", et tchouf ! Le v’là parti, à Barcelone, pour commencer une nouvelle carrière de royaliste… » Dans le froid gymnase des Haut-Tarterets, le tribun amuse son public en torpillant l’ancien député, désormais candidat à la mairie catalane. « Monsieur Valls faisait partie de cette brochette de zombies, dont nous avons tous tellement hâte qu’ils nous débarrassent le plancher une bonne fois ».

« Cette fois-ci pas de signatures au crayon refaites au stylo »

Le député des Bouches-du-Rhones revient sur l’ambiance tendue du précédent scrutin. « La loi a la main lourde sur ceux qui trichent, et comme personne ne nous a défendus, nous nous défendrons nous-mêmes. Il y aura, contrairement à notre indicible naïveté la dernière fois, des assesseurs dans tous les bureaux ».

En juin 2017, après une campagne mouvementée, Manuel Valls avait sauvé sa peau pour seulement 139 voix d’avance (soit 50,30 % contre 49,70 %). La candidate LFI Farida Amrani avait porté plainte en octobre, dénonçant « des irrégularités » commises lors des opérations de vote. Une plainte classée sans suite quelques mois plus tard.

« Nous prévenons tout le monde : cette fois-ci pas de signatures au crayon refaites au stylo*. Cette fois-ci, vous ne vous mettrez pas d’accord ou il vous en coûtera. Non seulement à ceux qui organisent la triche mais ceux qui la laisseraient se dérouler devant eux sans rien dire (…) Il faut que la rigueur, la transparence, l’honnêteté du scrutin soit totale », lance-t-il.

« Je sens bien qu’il y a une volonté de refaire un jeu de massacre anti-Valls »

« Depuis que monsieur Valls est parti, il y a son modèle réduit qui est là. Il a été 11 ans son premier adjoint, il lui succède à chaque fois ». Dans le viseur de l’ancien candidat à la présidentielle, l’autre favori, Francis Chouat. Le maire d’Evry, ex-PS et proche de Manuel Valls se présente sans étiquette mais avec le soutien de la majorité LREM et des maires LR de la circonscription. « Nous ne voulons plus de leur monde, ces misérables alliances de castes, qui se retrouvent pour faire barrage, c’est le parti des castors », ironise le président du groupe LFI à l’Assemblée.

« Je sens bien qu’il y a une volonté de refaire un jeu de massacre anti-Valls. La France insoumise veut prendre sa revanche et poursuivre la chasse à l’homme commencée en juin 2017. Mais l’homme en question a tourné la page, et l’enjeu n’est pas là », nous répondait dans la journée Francis Chouat.

Une victoire pour répondre aux perquisitions de mi-octobre

A la tribune, Jean-Luc Mélenchon insiste sur le symbole que représenterait la victoire de sa candidate. « Cette 18e députée, nous en avons besoin. Si vous voulez que La France insoumise puisse travailler correctement, il faut nous envoyer du renfort… Ce sera un événement considérable, un événement politique national ».

Car le patron des insoumis souhaite faire du scrutin une réponse aux perquisitions menées mi-octobre dans le cadre d’enquêtes sur les comptes de sa campagne présidentielle et sur les conditions d’emploi d’assistants d’eurodéputés. « Ceux qui croyaient qu’il suffisait de m’accabler, de me perquisitionner, m’humilier ont vu avec stupeur que vous n’avez pas reculé, que vous n’avez pas ouvert les rangs, que vous n’avez pas laissé passer la calomnie, tout au contraire ».

*Le Conseil constitutionnel a estimé que « ces suffrages irréguliers restant en nombre inférieur à l’écart de voix entre les deux candidats du second tour, cette irrégularité ne saurait conduire à l’annulation des opérations électorales »