VIDEO. Carburant, ras-le-bol fiscal, Donald Trump... Que faut-il retenir de l'interview d'Emmanuel Macron?

BILAN Emmanuel Macron s’est expliqué devant les caméras de TF1 et de LCI, avant de passer la nuit sur le porte-avions militaire Charles de Gaulle, à Toulon…

Manon Aublanc
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Emmanuel Macron et la ministre des Armées, Florence Parly, arrivent à bord du porte-avion Charles de Gaulle à Toulon, le 14 novembre 2018.
Emmanuel Macron et la ministre des Armées, Florence Parly, arrivent à bord du porte-avion Charles de Gaulle à Toulon, le 14 novembre 2018. — CHRISTOPHE SIMON / POOL / AFP

Relation avec Donald Trump, pouvoir d’achat, hausse du prix du carburant, popularité ou encore affaire Benalla, ce mercredi soir, Emmanuel Macron a répondu aux questions de Gilles Bouleau, en direct du porte-avions Charles-de-Gaulle.

Si vous n’avez pas suivi la prise de parole du chef de l’Etat, 20 Minutes fait le point sur ce que vous avez loupé.

  • Sur sa relation avec Donald Trump

Le président français a réagi, pour la première fois, aux tweets très agressifs de son homologue américain, répliquant qu'« entre alliés on se doit le respect ». « Tout ça n’a pas d’importance. Je ne vais pas faire un débat avec le président des Etats-Unis par biais de tweets », a débuté Emmanuel Macron. «  Les Etats-Unis d'Amérique, c'est notre allié historique et il continuera de l'être. Mais être allié, ce n’est pas être vassal. Pour ne pas être vassal, nous ne devons pas dépendre d’eux », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Quand les Etats-Unis ont voulu être indépendants, la France était là. Quand la France a été attaquée, les Etats-Unis étaient là. (…) A chaque grand moment de notre histoire, nous avons été des alliés. Entre alliés, on se doit le respect et je ne veux pas entendre le reste. »

« Ce qui m’importe, très sincèrement, c’est ce que nous faisons avec l’armée américaine », a poursuivi Emmanuel Macron. « Quand nous avons mené une opération sans précédent en avril dernier en Syrie avec les Britanniques et les Américains, nous l’avons fait dans une inter-opérabilité parfaite et une excellence dans le commandement et l’exécution : c’est ça qui compte », a souligné le chef de l’État.

  • Sur la hausse du prix du carburant

« Les trois-quarts de l’augmentation du prix à la pompe, qu’est-ce que c’est ? C’est le prix du pétrole mondial qui a augmenté », s’est d’abord justifié Emmanuel Macron. « En 2009 et en 2015, ces hausses ont été votées. Tout le monde le sait depuis dix ans, il faut réduire progressivement l’écart entre le diesel et l’essence. Il faut davantage taxer les énergies fossiles pour financer nos investissements dans le renouvelable », a poursuivi le chef de l’Etat sur  la hausse de la taxe sur les carburants.

« Il y a un droit à manifester. Mais il y a un droit de tous les autres citoyens à pouvoir se déplacer librement. Le droit de manifester sera respecté, l’ordre public et la liberté de circulation le seront aussi », a déclaré le chef de l’Etat à propos du blocage prévu le 17 novembre, à l’initiative des « gilets jaunes ». « J’entends la colère et c’est un droit fondamental de l’exprimer. Il faut le respecter, l’entendre et ils ont tout à fait le droit de manifester samedi. Ensuite, je dis méfiance, parce que beaucoup de gens veulent récupérer ce mouvement », a-t-il ajouté. « Il y a beaucoup de gens qui sont dans l’addition des colères et des blocages. Cela ne fait pas un projet pour le pays », a-t-il mis en garde.

  • Sur le ras-le-bol fiscal

Interrogé sur le ras-le-bol fiscal exprimé par de nombreux Français, Emmanuel Macron s’en est d’abord pris à ses détracteurs, et notamment à l’opposition : « Je voudrais qu’on sorte d’une forme de poujadisme contemporain où les mêmes qui vous disent "on paie trop d’impôts", sont les mêmes que ceux qui disent "ne touchez pas aux dotations" lorsque l’on fait des réformes ». « Le cap sur lequel je me suis engagé auprès des Français (…) est de s’attaquer aux causes profondes des problèmes. Les impôts vont progressivement baisser, mais la priorité c’est de réformer​ », a-t-il déclaré.

« Pour pouvoir répondre à nos besoins de défense ou de sécurité intérieure, ce sont vos impôts qui le payent. Pour pouvoir aider les plus faibles, ce sont vos impôts qui le payent. Pour aider les territoires en difficulté, ce sont vos impôts qui les payent. Je veux qu’on sorte de cette forme de poujadisme social », a martelé le chef de l’Etat pour défendre sa politique menée.

  • Sur sa politique (et sa popularité)

Si Emmanuel Macron a dit entendre l’impatience des Français, notamment au cours de son itinérance mémorielle, il a jugé que son gouvernement n’avait pas « tardé » et ne s’était « pas trompé ». « Il y a une chose que je n’ai pas réussi à faire. Je n’ai pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants. Ce divorce est au cœur de toutes les démocraties occidentales », a reconnu le président français.

« Nos concitoyens attendent de la protection, de la considération et du respect. La considération, on ne l’a sans doute pas assez montrée » aux Français, a-t-il estimé, avant d’ajouter qu’il fallait, selon lui, « les écouter, et décider d’une manière différente, pas toujours à Paris, aller se confronter au terrain, beaucoup plus », a-t-il ajouté. « J’aurai besoin de vous tous », a conclu le chef de l’Etat.

  • Sur l’affaire Benalla

« Est-ce que les polémiques ont été au juste niveau de la réalité ? Je ne crois pas. J’ai essayé de tenir le cap », a déclaré le président au sujet de l’affaire Benalla. « J’ai peut-être commis des erreurs en choisissant untel ou untel […] Ça, c’est la vie, je le regrette comme vous », a-t-il concédé.