PMA: La «marcheuse» Agnès Thill «assume» ses réticences et déplore une «confiscation du débat»

DISCORDE La semaine dernière, Agnès Thill avait mentionné sur Twitter un supposé «lobby LGBT à l'Assemblée nationale» et avait argué que «l'Assemblée nationale n'est pas la France»...

20 Minutes avec AFP

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La députée LREM Agnès Thill.
La députée LREM Agnès Thill. — Witt/ Sipa/SIPA

Alors que La République en marche (LREM) l’avait mise en garde vendredi dernier, la députée Agnès Thill assume ses critiques sur l'extension de la PMA, récusant toute «homophobie». Dans un courrier adressé à des responsables du parti, la « marcheuse » a déploré une « confiscation du débat ».

Dans un courrier envoyé jeudi dernier, le patron par intérim du parti, Philippe Grangeon, et le chef de file des députés LREM Gilles Le Gendre avaient adressé à cette élue de l’Oise une «dernière» mise en garde quant aux «excès» de ses «prises de position publiques». Sur Twitter, Agnès Thill avait mentionné un supposé « lobby LGBT à l’Assemblée nationale » et avait argué que « l’Assemblée nationale n’est pas la France ».

Capture d'écran du tweet publié par la députée Agnès Thill sur son compte, le 8 novembre 2018.
Capture d'écran du tweet publié par la députée Agnès Thill sur son compte, le 8 novembre 2018. - Twitter

« Malgré les pressions, je continuerai à dénoncer la confiscation du débat »

« J’ai semé le trouble, et je regrette ce malentendu », écrit la députée dans un courrier daté de vendredi, où elle récuse toute « homophobie ». « Depuis que nous discutons de la PMA, quand je cherche à faire entendre ma voix sur ce sujet crucial et central de notre société, des collègues parlementaires, y compris ceux de notre groupe, (…) m’ostracisent et m’attaquent régulièrement : obscurantiste, chrétienne intégriste, chef de meute de la "manif pour tous", entre autres quolibets et insultes », dénonce-t-elle en retour, évoquant un « climat anxiogène et délétère ».

« J’aspirais, sur un tel sujet, de vivre pleinement nos promesses de campagne : échanger constructivement avec mes collègues nos points de vue, à propos d'un thème sur lequel les doutes existent incontestablement, entre nous, comme dans la société », dit Agnès Thill. « Même si je gêne, je l’assumerai et, malgré les pressions, je continuerai à dénoncer la confiscation du débat (y compris dans nos propres rangs) », promet-elle. Agnès Thill a plusieurs fois exprimé ses critiques sur l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA), mesure soutenue par Emmanuel Macron durant la campagne.