Un bilan de la présidence de François Hollande pointe un «défaut d'autorité»

RAPPORT Selon les auteurs du rapport, François Hollande a eu tort de « placer son mandat sous le signe d’une présidence "normale" »…

20 Minutes avec AFP

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François Hollande le 1er novembre 2018 en Grèce.
François Hollande le 1er novembre 2018 en Grèce. — MATHIEU PATTIER/SIPA

La gauche évaluée par la gauche. Un « défaut d’autorité » et un « manque de lisibilité » sur fond de redressement de la France. La Fondation Jean-Jaurès publie son « Inventaire » nuancé du quinquennat de François Hollande et de son action à la tête de la France entre 2012 et 2017.

Cette publication est l’aboutissement d’un travail de huit mois, auquel ont contribué près de 70 hommes et femmes, et de deux réunions publiques, dont une avec l’ex-président socialiste lui-même, autour de son livre Les leçons du pouvoir. Le bilan dressé par ce cercle de réflexion proche du Parti socialiste pose un « regard nuancé » sur le quinquennat, soulignant notamment à propos de la politique économique conduite que « le bilan d’ensemble est bien celui d’un redressement entre 2012 et 2017 ».

Un président « bricoleur de politiques publiques »

Mais les auteurs n’hésitent pas à montrer du doigt les responsabilités de François Hollande qui ne s’est pas représenté en 2017 et dont le mandat s’est achevé par un « désastre politique ». François Hollande « n’a trop souvent pas pu, ou plus sûrement pas voulu, imposer des choix, voire indiquer ses choix. Et ce défaut d’autorité s’est vérifié dans ses relations avec son Premier ministre notamment Manuel Valls, avec les groupes parlementaires de la majorité, avec le Parti socialiste », écrit le directeur général Gilles Finchelstein.

L’action conduite a par ailleurs « souffert d’un manque de lisibilité » en l’absence d’un « récit du quinquennat ». « Pendant que ses Premiers ministres tentent de prendre de la hauteur, le président reste, lui, dans son rôle de bricoleur de politiques publiques », déplore dans sa synthèse un des auteurs, Mathieu Souquière.

L’erreur de la « présidence normale »

Même manque de lisibilité sur l’Europe, selon eux. « En pensant que moins il exprimerait sa vision, plus il préserverait sa liberté d’agir, il s’est tiré une balle dans le pied ». Sur le plan de la gouvernance, François Hollande a eu le tort de faire le « choix baroque » de « placer son mandat sous le signe d’une présidence "normale" ».

Avoir proposé la déchéance de nationalité pour les binationaux nés français était une « erreur indélébile ». En « épousant une idée du camp politique adverse », il a « perdu toute crédibilité et a fait douter une partie de la gauche de la sincérité de ses convictions ».