11-Novembre: Emmanuel Macron justifie de célébrer Pétain, «grand soldat» malgré «des choix funestes»

CENTENAIRE Avec les sept autres maréchaux de la Grande guerre, Philippe Pétain sera célébré samedi aux Invalides...

20 Minutes avec AFP

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Philippe Pétain à Vichy, en 1942
Philippe Pétain à Vichy, en 1942 — INP

Ce mercredi, Emmanuel Macron a jugé « légitime » de rendre hommage au maréchal Pétain samedi, soulignant que le dirigeant du régime de Vichy avait été « pendant la Première guerre mondiale un grand soldat », même s’il a « conduit des choix funestes » pendant la Deuxième.

Avec les sept autres maréchaux de la Grande guerre, Philippe Pétain sera célébré samedi aux Invalides, lors d’une cérémonie à laquelle participeront les responsables militaires français dont le chef d’état-major particulier du président, l’amiral Bernard Rogel. « Il est légitime que nous rendions hommage aux maréchaux qui ont conduit l’armée à la victoire, comme chaque année. Mon chef d’état-major sera présent à cette cérémonie », a-t-il précisé, interrogé par des journalistes en arrivant à la Préfecture des Ardennes pour un Conseil des ministres délocalisé.

Un général « frappé d’indignité »

« Je n’occulte aucune page de l’histoire », a souligné le chef de l’Etat, en réponse à certaines critiques contre la célébration de Philippe Pétain, qui fut ensuite chef du gouvernement collaborationniste de Vichy (1940-44). « Il a été un grand soldat, c’est une réalité. La vie politique comme l’humaine nature sont parfois plus complexes que ce qu’on voudrait croire ». « J’ai toujours regardé l’histoire de notre pays en face », a-t-il lancé.

« Je me suis toujours opposé au défaitisme français ou à la complaisance envers toute idéologie. Mais je reconnais la part que nos maréchaux et notre armée ont jouée. Nous lui devons la victoire », « la victoire d’une nation combattante », a-t-il conclu, au 4e jour de son périple de commémoration du centenaire de l’Armistice de 14-18.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) s’est dit « choqué » mercredi par les propos du président. « La seule chose que nous retiendrons de Pétain, c’est qu’il a été, au nom du Peuple français, frappé d’indignité nationale lors de son procès en juillet 45 », a déclaré le président du Crif, Francis Kalifat, cité dans un communiqué.