Emmanuel Macron accuse Xavier Bertrand d'opportunisme et de démagogie

REPLIQUE Dans un entretien au « Journal du Dimanche », Xavier Bertrand avait affirmé qu’il y avait « quelque chose de cassé entre le président et les Français »…

N.Sa avec AFP

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Le président de la République Emmanuel Macron répond aux critiques du président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand. (Photomontage)
Le président de la République Emmanuel Macron répond aux critiques du président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand. (Photomontage) — Sipa

Emmanuel Macron accuse « d’opportunisme » et de « démagogie » le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand (ex-LR), qui l’a exhorté à sortir « du déni » sur la sécurité, dans un entretien accordé dimanche au Courrier Picard, à La Voix du Nord et à l’Union.

« Il y a beaucoup d’élus qui, aujourd’hui, se voient un destin national. C’est légitime. Il y a aussi beaucoup de gens qui sont dans l’opportunisme. Je leur laisse leur opportunisme et leur agitation », réplique le président de la République. « Je ne suis pas dans l’opportunisme, je suis dans l’action. Je ne suis pas dans la démagogie, je suis dans les solutions », ajoute-t-il encore en direction de l’ancien ministre du Travail.

« Il faut plus de places de prison »

Dans un entretien au Journal du Dimanche, Xavier Bertrand a demandé à Emmanuel Macron de sortir « du déni » sur la sécurité et réclamé « une réponse judiciaire plus dure », après notamment des agressions contre les forces de l’ordre. « Ne tournons pas autour du pot : il faut plus de places de prison, plus de moyens pour la police et la justice et plus de sévérité », a-t-il dit. Ces dernières semaines, Xavier Bertrand, qui avait longtemps ménagé le chef de l’Etat, l’avait également accusé de laisser « assassiner » l’aciérie d’Ascoval, à Saint-Saulve (Nord), en redressement judiciaire.

Emmanuel Macron a retrouvé dimanche soir à Strasbourg son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier en prélude d’un périple présidentiel inédit à travers l’est et le nord de la France pour célébrer le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.
Durant ce périple, le chef de l’Etat doit, selon Xavier Bertrand, échanger avec les Français « sans leur faire la leçon ». « Il y a quelque chose de cassé entre le président et les Français », a estimé l’ancien ministre.

« On peut me reprocher beaucoup de choses, mais pas le fait d’aller au-devant des gens et de leur parler », répond Emmanuel Macron. « Quand les gens expriment une colère, quand ils sont dans l’indignation, je l’ai toujours entendu », a-t-il ajouté.