Aller vite, «la marque de fabrique de Nicolas Sarkozy»

LEGISLATION Le projet de loi «relatif aux droits et devoirs des demandeurs d’emploi» sera examiné au plus tôt afin d’éviter une grogne sociale...

Valérie Zoydo

— 

Jogging dans les rues de New York pour le président français Nicolas Sarkozy et le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner, le 24 septembre 2007.
Jogging dans les rues de New York pour le président français Nicolas Sarkozy et le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner, le 24 septembre 2007. — WITT / SIPA

Serait-ce une habitude du gouvernement de vouloir faire vite, lorsqu’il s’agit de faire adopter une loi controversée? Cette fois, cela concerne le projet de loi «relatif aux droits et devoirs du demandeur d’emploi» adopté ce mercredi en conseil des Ministres. Le compte à rebours est lancé puisque le texte sera examiné au Sénat, en première lecture, du 23 au 25 juin, avant d’échouer à l’Assemblée nationale, pour une adoption prévue avant les vacances. Quelle stratégie politique se cache derrière cette accélération du calendrier de la navette parlementaire?

«C’est vrai que l’ordre du jour est très dense depuis la présidence Sarkozy», confie Dominique Leclerc, sénateur UMP à 20 minutes.fr. Ce dernier venant juste d’apprendre, ce mercredi matin, sa nomination comme rapporteur du texte au Sénat par la commission des affaires sociales. «Je me penche sur le texte depuis ce matin, et je rencontre Laurent Wauquiez, le secrétaire d’Etat à l’emploi lundi prochain.»

Le même scénario de précipitation se dessine au sujet de la réforme des 35 heures. Elle sera présentée en conseil des ministres les 11 et 18 juin, après le passage en force du gouvernement, il y a à peine deux semaines. Excédées, la CGT et la CFDT essaient d’agir vite avant que le texte ne soit voté, mais la date de la journée d’actions n’a pu être fixée que le 17 juin. Le calendrier est serré.

«Couper l’herbe sous le pied»

«C’est la marque de fabrique de Nicolas Sarkozy», reconnaît à 20 minutes.fr un membre de l’UMP. Selon lui, la stratégie du Président consisterait à brouiller les pistes en lançant plusieurs réformes à la fois et en les faisant examiner et voter par les deux chambres parlementaires dans la foulée. Une méthode qui consisterait à «couper l’herbe sous le pied» d’éventuels opposants au texte qui auraient à peine le temps de réagir que la réforme serait déjà passée…

Selon une autre source proche du dossier, l’Etat pourrait vouloir aussi se débarrasser de ce dossier avant celui de la future convention de l’assurance-chômage qui est prévue à l’automne.