Cap-Ferret: Dans un climat tendu, le maire Michel Sammarcelli annonce qu'il ne se représentera pas

POLITIQUE Michel Sammarcelli a annoncé jeudi qu’il ne serait pas candidat aux municipales de 2020…

Mickaël Bosredon

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Le maire du Cap-Ferret, Michel Sammarcelli, en 2012 avec Nathalie Kosciusko-Morizet
Le maire du Cap-Ferret, Michel Sammarcelli, en 2012 avec Nathalie Kosciusko-Morizet — DUPUY FLORENT/SIPA
  • La rumeur courait depuis quelque temps, et le maire du Cap-Ferret depuis 1995 a annoncé qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat.
  • Le climat politique est tendu depuis quelques mois sur la presqu’île, suite notamment à la suspension du PLU local par le préfet et à la démission de quatre adjoints.
  • Par ailleurs, la chambre régionale des comptes a ouvert une enquête concernant la légalité de la nomination d’une vingtaine d’agents municipaux à certains postes.

Le maire de Lège Cap-Ferret Michel Sammarcelli a annoncé jeudi 1er novembre, dans le magazine municipal, qu'il ne se représenterait pas aux prochaines élections municipales de 2020. A 76 ans et après plus de 20 ans à la tête de la prestigieuse commune de la presqu’île – il est élu depuis 1995 – cette figure de la droite locale va donc bientôt jeter l'éponge.

Cette annonce survient dans un contexte politique tendu du côté du Cap-Ferret. En avril, le préfet Didier Lallement s'était en effet opposé à l’ouverture à l’urbanisation de 10 secteurs de Lège-Cap-Ferret (pour un total de 42 hectares) « en raison d’une insuffisance de prise en compte des risques naturels, d’une trop grande consommation d’espace au regard des besoins de développement de la commune, et d’un manque de justification de la compatibilité de certains choix d’ouverture à l’urbanisation avec les enjeux de préservation ou de restauration des continuités écologiques ».

Suspension du PLU, démissions d’adjoints…

Sans prendre en compte aucun de ces trois points, le conseil municipal adoptait le 12 juillet son PLU (plan local d’urbanisme). La réaction du préfet n’allait pas se faire attendre : le 26 juillet, il décidait de suspendre purement et simplement le PLU de la commune. En parallèle, le préfet demandait à ses services d’effectuer « des contrôles ciblés afin de s’assurer que les chantiers de construction en cours sur la presqu’île du Cap-Ferret disposent bien d’une autorisation d’urbanisme. » Un véritable bras de fer s’était ainsi engagé. Finalement, le PLU sera annulé en conseil municipal en septembre.

Au mois d’août, quatre adjoints de Michel Sammarcelli démissionnaient, dénonçant « les orientations et les décisions prises par le maire de Lège-Cap-Ferret » ainsi que leur « mise à l’écart », expliquaient-ils dans Sud Ouest.

« Personne n’a pris un seul centime dans la caisse de la commune »

Enfin, une vingtaine d’agents municipaux ont été convoqués par la chambre régionale des comptes fin septembre, au sujet du fonctionnement des caisses de plusieurs régies municipales : les corps-morts, le camping municipal des Pastourelles et enfin les marchés et droits de place, rapporte Sud Ouest. La nomination de ces agents publics était-elle légale ? De l’argent public se serait-il évaporé au passage ? C’est à ces questions que l’enquête ouverte devra répondre.

Et c’est ce qui a visiblement motivé Michel Sammarcelli pour sortir du silence. Dans le magazine municipal, il explique ainsi que « la chambre régionale des comptes avait salué en début d’année la bonne gestion de la ville », et assure que « personne n’a pris un seul centime dans la caisse de la commune ».

« Trahisons » et « agressions »

Toutes ces « affaires » ne tombent pas par hasard selon l’élu. D’autant plus que la rumeur sur sa non-représentation aux prochaines municipales courait depuis quelque temps. « Ce n’est pas une surprise si aujourd’hui, à 18 mois des prochaines élections municipales, les agressions et les trahisons s’amoncellent », dit-il dans le magazine.

Et de conclure : « des coups, j’en recevrai d’autres et je ne m’en plains pas » mais « je tiendrai la barre jusqu’au dernier jour de mon mandat. »