VIDEO. Elections au Brésil: Macron félicite Bolsonaro mais insiste sur «le respect» des «principes démocratiques»

ECHANGE Le nouveau président brésilien a obtenu plus de 55 % des voix face au candidat de gauche Fernando Haddad…

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron, le 7 juin 2018 à Ottawa.
Emmanuel Macron, le 7 juin 2018 à Ottawa. — acques Witt/SIPA

Après Donald Trump, Emmanuel Macron. Après le sacre du candidat d'extrême droite brésilien, Jair Bolsonaro, à l'élection présidentielle, le président français l’a félicité, ce lundi, affirmant sa volonté de poursuivre sa coopération avec ce pays « dans le respect » des « principes démocratiques ».

Le chef de l’Etat « félicite Jair Bolsonaro, élu par le peuple brésilien à la présidence », indique l’Elysée dans un communiqué. Le nouveau président brésilien prendra ses fonctions le 1er janvier 2019 après avoir obtenu plus de 55% des voix face au candidat de gauche Fernando Haddad à l’issue d’une campagne qui a coupé en deux le plus grand pays latino-américain.

« Les Brésiliens viennent de sanctionner »

« La France et le Brésil entretiennent un partenariat stratégique noué autour des valeurs communes de respect et de promotion des principes démocratiques. C’est dans le respect de ces valeurs que la France souhaite poursuivre sa coopération avec le Brésil, pour relever les grands défis contemporains de notre planète, aussi bien dans les domaines de la paix et de la sécurité internationales, que dans le cadre de la diplomatie environnementale et des engagements de l’Accord de Paris sur le climat », a déclaré Emmanuel Macron dans son communiqué.

Marine Le Pen, de son côté, a souhaité « bonne chance » à Jair Bolsonaro. « Bonne chance au nouveau président Bolsonaro qui devra redresser la situation économique, sécuritaire et démocratique très compromise du Brésil », a-t-elle réagi.

Selon elle, « les Brésiliens viennent de sanctionner la corruption généralisée et la terrifiante criminalité qui ont prospéré sous les gouvernements d’extrême gauche ». Chez Les Républicains, l’ancien ministre Jean-François Copé s’est inquiété sur Europe 1 que « des signaux d’alerte se multiplient ». Même si, a-t-il nuancé, « comparaison n’est pas raison : le Brésil n’est pas l’Europe » et « la violence inouïe qui (y) existe et que les Brésiliens ne supportent plus » est « une clef d’explication » du vote. Un point de vue partagé par Eric Woerth sur RMC.

« Aucune démocratie n’est à l’abri »

La République en marche (LREM) et les partis de gauche, eux, se sont alarmés des conséquences de son arrivée au pouvoir pour la démocratie. Pour le député Sacha Houlié (LREM), il s’agit d’une « nouvelle percée des conservateurs » à laquelle « les progressistes (…) devront faire face », alors qu’Emmanuel Macron s’est érigé en Europe en chef de file des « progressistes » face aux « nationalistes ».

« Aucune démocratie n’est à l’abri », a déploré sur Twitter la porte-parole de La République en marche, Aurore Bergé. Cette élection pose de « nouveaux défis pour les progressistes qui devront faire face ».

Pour Aurélien Taché (LREM), cette « très mauvaise nouvelle » est « quand même aussi » le résultat de « l’échec d’une gauche un peu populiste au Brésil », a-t-il dit sur CNews, estimant « qu’il faut pouvoir en tirer des enseignements en Europe aussi ».

« L’ombre du fascisme » pour la gauche

A gauche, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a dit sa « solidarité » avec les militants du Parti des travailleurs brésilien et du Parti communiste brésilien (PCdoB) « pour les épreuves qui s’annoncent ».

« Honte à tous les minables qui ont tout fait pour fracasser Lula et ont fait la courte échelle à l’extrême droite », a lancé Ian Brossat, tête de liste communiste pour les européennes.

Le député de La France insoumise, Eric Coquerel a dénoncé « le néo-libéralisme (qui) a préféré Hitler au Front populaire », « après avoir éliminé Lula en utilisant une pseudo-justice », tandis que Clémentine Autain appelait à « élever un mur contre le fascisme. Partout ».

Au PS, le premier secrétaire, Olivier Faure, a appelé en « urgence à sortir de nos sentiers battus et à réveiller une espérance humaniste », alors que « d’un continent à l’autre, d’Orban à Trump, de Salvini à Bolsonaro, la démocratie vacille ».

Benoît Hamon est, lui aussi, inquiet face à l’expansion de « l’ombre du fascisme ». Dans ce contexte, la gauche ne doit « plus être fragile sur ses valeurs », a-t-il jugé sur RFI, en évoquant le débat européen sur l’accueil des migrants.