Emmanuel Macron, le 19 juillet 2018
Emmanuel Macron, le 19 juillet 2018 — UGO AMEZ/SIPA

DIPLOMATIE

VIDEO. Affaire Jamal Khashoggi: «C'est pure démagogie que de dire d'arrêter de vendre des armes» à Riyad, estime Macron

Le président plaide pour « une réponse européenne, dans tous les domaines », mais « une fois les faits établis »... 

Faut-il arrêter de vendre des armes à l’Arabie saoudite, après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans un consulat de son pays ? Pour Emmanuel Macron, « il ne faut pas tout confondre ».

Le chef de l’Etat a estimé que « c’est pure démagogie que de dire d’arrêter les ventes d’armes » à Riyad après l’assassinat de l’éditorialiste. Les ventes d’armes n’ont « rien à voir avec M. Khashoggi, il ne faut pas tout confondre », a déclaré le président français qui plaide pour « une réponse européenne, dans tous les domaines », mais « une fois les faits établis ».

« Je comprends le lien avec le Yemen mais il n’y en a aucun avec M. Khashoggi ! »

« Je suis très admiratif envers ceux qui, avant de savoir, disent « on ne vendra plus d’armes » ! Ils en vendent déjà parfois plus que la France à travers les joint-ventures qu’ils ont ! » a lancé le président français. « Et quel est le rapport entre les ventes d’armes et M. Khashoggi ? Je comprends le lien avec le Yemen mais il n’y en a aucun avec M. Khashoggi ! Si on veut prendre des sanctions, il faut en prendre dans tous les domaines ! Il faut dans ce cas arrêter de vendre des véhicules », a poursuivi avec agacement Emmanuel Macron, interrogé par la presse.

« J’attends que les faits soient établis clairement et surtout les responsables et les commanditaires, pour en tirer les conséquences et les sanctions », qui doivent être « claires, cohérentes » « dans tous les domaines » et « avec une réponse européenne ».

L’Allemagne cesse les ventes d’armes

Mardi, Emmanuel Macron avait pourtant refusé de répondre aux questions sur un éventuel arrêt des ventes d’armes de la France à l’Arabie Saoudite, comme l’a demandé, lundi, le ministre allemand de l’Economie Peter Altmaier à tous les Européens.

Un son de cloche bien différent chez Angela Merkel. La chancelière allemande a, de son côté, réitéré sa promesse de suspendre les exportations d’armes allemandes vers l’Arabie saoudite en attendant que le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi soit élucidé. « Il est nécessaire de clarifier le contexte de cet horrible incident, faute de quoi nous ne livrerons aucune arme à l’Arabie saoudite », a-t-elle déclaré.

Emmanuel Macron profondément indigné par le meurtre

Mercredi, l’Elysée avait annoncé le président français s’était entretenu par téléphone avec le roi Salmane, assurant que la France était prête à prendre des « sanctions internationales » contre « les coupables » du meurtre. Lors de cet entretien, Emmanuel Macron « a fait part de sa profonde indignation face à ce crime et demandé au roi que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant conduit à ce drame ».

L’Arabie Saoudite est l’un des principaux clients de la France en matière d’armement. La France a ainsi livré pour 1,38 milliard d’euros d’armement à Ryad l’an dernier, sur un total de 6,7 milliards, faisant de l’Arabie Saoudite le deuxième plus gros client de la France dans ce secteur l’an dernier après l’Egypte. En 2017, les exportations commerciales (hors militaire) vers l’Arabie saoudite ont atteint 4,51 milliards d’euros, soit une hausse de 8,8 % sur un an.