Plainte de Bernard Cazeneuve: L'immunité parlementaire de Jean-Luc Mélenchon bientôt levée?

DIFFAMATION En mai 2017, Jean-Luc Mélenchon avait décrit Bernard Cazeneuve, alors Premier ministre de l’époque, comme étant celui qui s’était « occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse »…

Manon Aublanc

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Jean-Luc Mélenchon le 17 mai 2018, à Saint-Cloud.
Jean-Luc Mélenchon le 17 mai 2018, à Saint-Cloud. — CHAMUSSY/SIPA

Après les perquisitions et les auditions, les ennuis continuent pour Jean-Luc Mélenchon. Une juge a récemment demandé la levée de l’immunité parlementaire du leader de la France insoumise, qui fait l’objet d’une procédure de diffamation à l’encontre de Bernard Cazeneuve, révèle L’Express, ce lundi.

L’affaire date de mai 2017. Au cours d’une réunion publique à Montreuil, Jean-Luc Mélenchon évoque Bernard Cazeneuve, alors Premier ministre, comme étant celui qui s’était « occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse ». En octobre 2014, le jeune homme avait trouvé la mort après avoir été mortellement touché par une grenade offensive, lancée par un gendarme lors des manifestations contre le barrage de Sivens (Tarn).

« C’est la stratégie de ce dernier de tout faire pour ralentir ce dossier »

Le patron de la France insoumise avait également ajouté : « Le gars (Bernard Cazeneuve) qui a fait gazer, matraquer toutes les manifestations et qui prend maintenant sa tête de petit sainte-nitouche pour me dire que c’est moi qui ne sait pas choisir entre le Front national et je sais pas qui ». Bernard Cazeneuve a déposé plainte quelques semaines plus tard contre Jean-Luc Mélenchon. « Le 12 juin 2018, la magistrate initie une demande de levée d’immunité parlementaire de Jean-Luc Mélenchon, grâce à une ordonnance "aux fins de levée d’immunité" transmise au parquet. Mais l’Assemblée n’a pas encore donné suite à la demande de la justice », détaille L’Express.

Ce lundi, l’avocat de Bernard Cazeneuve, Ariel Goldmann, a demandé à la juge de « s’enquérir auprès du président de l’Assemblée nationale du sort de ce processus », en raison « de l’ancienneté des faits et de l’entrave au fonctionnement de la justice à laquelle nous assistons de la part du député Mélenchon ». « C’est la stratégie de ce dernier de tout faire pour ralentir ce dossier et se soustraire à ses obligations, mais nous faisons confiance à la juge d’instruction et à la justice pour poursuivre cette instruction et la mener à bien », a-t-il expliqué à L’Express.

Une seconde plainte pour diffamation

Selon l’hebdomadaire, Jean-Luc Mélenchon fait également l’objet d’une deuxième procédure en diffamation, déposée par un ancien journaliste du Monde, Paulo Paranagua. Cette plainte avait abouti à une demande de levée d’immunité pour le député des Bouches-du-Rhône.

Jean-Luc Mélenchon avait notamment traité le journaliste d'« assassin repenti », de « criminel repenti » et encore de « terroriste repenti », ainsi que de « chef de la fraction armée rouge révolutionnaire du peuple [en Argentine], qui se targuait d’avoir mené plus de 30 actions d’exécution dans la rue et divers enlèvements ». Dans cette procédure, le député de Marseille a opposé son immunité parlementaire pour ne pas se rendre chez le juge.