Journée «idéologique» de LREM: Le parti présidentiel veut se «donner une colonne vertébrale»

POLITIQUE Le parti présidentiel a entamé samedi une vaste réflexion sur sa doctrine et sa définition du progressisme, notamment dans la perspective des élections européennes...

20 Minutes avec AFP

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La République en marche (illustration).
La République en marche (illustration). — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Il faut « proposer une alternative progressiste face aux nationalistes obscurantistes et démagogues », selon les mots de Christophe Castaner, l’ancien patron du parti nommé cette semaine au ministère de l’Intérieur. La République en marche a entamé samedi une vaste réflexion sur sa doctrine et sa définition du progressisme, notamment dans la perspective des élections européennes, lors d’un colloque à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).

Philosophe, politologues, sociologues, scientifiques et politiciens se sont succédé sur scène pour exposer leurs conceptions du progressisme lors d’une journée « idéologique », dixit Philippe Grangeon, patron par intérim du parti présidentiel. « Donner une colonne vertébrale idéologique au mouvement, c’est d’autant plus nécessaire que nous sommes en responsabilité », a plaidé le communicant, ancien cadre dirigeant du géant informatique Capgemini et proche d’Emmanuel Macron.

Evoquant « un travail de longue haleine », Philippe Grangeon, désigné vendredi soir délégué général temporaire du parti après le départ de Christophe Castaner au ministère de l’Intérieur, a mis en avant cinq valeurs qui sont « la sève de notre action politique : émancipation, engagement, dignité, ouverture et responsabilité ».

« On ne réforme jamais tout seul, même si on croit qu’on a raison »

Dans la perspective des élections européennes de mai 2019, nuançant le message martelé par la macronie, Philippe Grangeon a mis en garde contre la « tendance à réduire le challenge européen au clivage progressistes contre nationalistes ». « Ce n’est pas faux vu de France », a-t-il souligné. « Mais la notion de progressisme est assez marquée à gauche en Europe, or il nous faut rassembler largement », a-t-il poursuivi.

Et il a également plaidé, suivi dans l’après-midi par l’ancienne dirigeante de la CFDT Nicole Notat, pour « avoir en tête que l’on ne réforme jamais tout seul, même si on croit en réformateur convaincu qu’on a raison ». « On va toujours plus loin quand on transforme ensemble », a-t-il insisté, en appelant à « être lucide sur les difficultés, les résistances éprouvées ».

« Eviter les écueils du passé », à savoir « l’arrogance »

Parmi les intervenants, l’ancienne Première ministre du Danemark Helle Thorning Schmidt a souligné la nécessité d’un « nouveau manifeste du progressisme » en « évitant les écueils du passé », à savoir « l’arrogance ». « La mondialisation n’a pas réussi à tout le monde », a-t-elle souligné en pointant notamment les problématiques liées à l’immigration.

Clôturant la journée, Christophe Castaner a exhorté à « proposer une alternative progressiste face aux nationalistes obscurantistes et démagogues ». « Notre progressisme, c’est revenir à la conception initiale de la gauche sociale qui voulait libérer les citoyens de leurs chaînes (…) et à la conception initiale du libéralisme, celle qui refusait les abus, les privilèges, les monopoles, la concentration du pouvoir dans les mains de quelques-uns », a-t-il détaillé. « Mais il nous appartient de faire plus que de reprendre le meilleur des idées du passé », a ajouté Christophe Castaner, qui souhaite « bâtir un corpus nouveau pour proposer une réponse positive ».