Perquisitions, Sophia Chikirou... Jean-Luc Mélenchon dénonce une violation du secret de l'enquête par Mediapart

INDIGNATION Le leader de la France insoumise a exprimé toute sa colère dans un long message publié sur son compte Facebook et par le biais de son avocat…

V.R.B.

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Jean-Luc Mélenchon et Sophia Chikirou en 2012.
Jean-Luc Mélenchon et Sophia Chikirou en 2012. — CHARLES PLATIAU / POOL / AFP

Jean-Luc Mélenchon répond à Mediapart. Ce samedi, Jean-Luc Mélenchon, via son avocat, a vertement dénoncé la violation par Mediapart du secret de l’enquête sur ses comptes de campagne. « Un site en ligne vient de publier des informations couvertes par le secret de l’enquête, protégées et intimes, tandis qu’il est indiqué que rien n’est encore transmis au pouvoir judiciaire et qu’aucun indice grave est concordant n’est constaté pour poursuivre cette affaire », écrit dans un communiqué Me Mathieu Davy, l’avocat de l’ancien candidat à la présidentielle.

En l’absence de transmission au parquet à ce stade, « il ne peut donc être autrement, que ces fuites proviennent des services de police et justice », écrit l’avocat, avant d’interroger : « Comment ont-elles été acquises ? Qui les a données ? Quelles sont les conditions et modalités, notamment financières, de cette transaction ? ».

Me Davy demande par ailleurs le dessaisissement du « procureur en charge », le procureur de Paris François Molins, « car il devient établi de manière claire et concordante que les services sous ses ordres ne respectent pas les règles et procédures applicables en l’espèce ».

Ce que révèle l’enquête de Mediapart

L’enquête, publiée vendredi soir, fait notamment état des « premières découvertes des perquisitions Mélenchon ». Mardi, à 7 heures, les policiers perquisitionnent le domicile de Jean-Luc Mélenchon. Selon Mediapart, ils y découvrent Sophia Chikirou, la conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon et dirigeante de la société de conseil Mediascop, société au cœur de l’enquête sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélencho

« Le patron de La France insoumise et la communicante entretiennent en réalité de longue date, selon nos informations, une relation extra-professionnelle », indique Mediapart. « Celle-ci pourrait relever de la seule vie privée des deux intéressés mais prend désormais, à la lueur des investigations judiciaires, une dimension d’intérêt général », ajoutent les journalistes de Mediapart. « Si l’enquête devait confirmer le soupçon qui a présidé à son ouverture, cela signifierait que les sommes incriminées perçues par Sophia Chikirou l’auraient été à l’occasion d’une campagne présidentielle dirigée par un homme politique avec lequel elle partage une relation intime régulière », précisent-ils.

Mediapart rapporte par ailleurs que selon ses informations, quelque 12.000 euros en liquide auraient été découverts par les enquêteurs au domicile d’un proche du député de la France insoumise. De même source, cet « ami et collaborateur de toujours de Jean-Luc Mélenchon » aurait dit que la somme lui avait été confiée par la mandataire financière de la campagne de 2017.

« Je m’attendais à une chose bien glauque », a écritJean-Luc Mélenchon dans un post publié vendredi soir sur  son compte Facebook. « À ce niveau d’agression et d’ignominie, il n’y a plus besoin d’argumentation », a-t-il ajouté.

« La boucle macronie-parquet-médias »

Sur son compte Facebook, le leader de la France insoumise a également dénoncé « la boucle macronie-parquet-médias ». « Je m’attendais à quelque chose de ce type. Des "fuites" qui confirment ce que nous savons sur le coup monté qu’est cette opération contre la France Insoumise et contre moi personnellement », a-t-il répété. Déjà vendredi, en pleine conférence de presse, Jean-Luc Mélenchon avait été interrogé sur la nature de sa relation avec Sophia Chikirou. « En toute hypothèse, à l’état civil et aux impôts je suis célibataire. Et jusqu’à cet article, je me croyais seul auteur de ma vie privée », s’est-il défendu.

« Mediapart prétend avoir violé le secret de l’instruction et disposer d’une information concernant la présence chez moi de quelqu’un. Bravo Mediapart ! Quelle enquête, quelle investigation ! Mais quel rapport avec le dossier ? », demande Jean-Luc Mélenchon. « En 10 ans de révélations d’intérêt public, Mediapart a subi les campagnes de dénigrement des soutiens de Sarkozy, Valls, Cahuzac, Fillon, Le Pen, Hollande, Macron et maintenant Mélenchon », a répondu dans un tweet Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart.