Bébés nés sans bras: Le ministre de l'Agriculture s'attire les foudres des ONG après ses propos sur les pesticides

PREUVES Le nouveau ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a demandé des preuves de l’influence des pesticides dans le dossier des bébés sans bras nés dans l’Ain…

20 Minutes avec AFP

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Didier Guillaume, le nouveau ministre de l'Agriculture, le 17 octobre 2018.
Didier Guillaume, le nouveau ministre de l'Agriculture, le 17 octobre 2018. — AFP

Le nouveau ministre de l’Agriculture s’est attiré les foudres des ONG ce vendredi. Didier Guillaume a déclaré que les scientifiques devaient faire la preuve que l’usage de pesticides avait des conséquences sur la santé, dans l’affaire des bébés nés sans bras.

Le cas des bébés nés sans mains, bras ou avant bras dans l’Ain est au cœur d’une intense polémique. Aucune cause n’a pur l’instant été mise en évidence par les enquêtes mais des élus écologistes soupçonnent les pesticides. « Sur la question des bébés sans bras, il faut que la science fasse son travail », a affirmé Didier Guillaume sur RTL. « Il y a peut-être des soupçons, mais il n’y a aucune preuve scientifique ».

Des propos très mal reçus

« C’est aux scientifiques de faire la preuve ou non qu’il y a des conséquences à l’usage des pesticides ou pas », a-t-il ajouté. Dans cette affaire, l’Agence sanitaire du ministère de la Santé a choisi d’arrêter d’enquêter. « L’analyse statistique ne met pas en évidence un excès de cas par rapport à la moyenne nationale, et Santé publique France n’a pas identifié une exposition commune à la survenue de ces malformations », a indiqué l’agence dans un rapport publié début octobre.

Alors que le journal Le Parisien indique qu’Emmanuelle Amar, la chercheuse qui a sonné l’alarme dans cette affaire, fait l’objet d’une procédure de licenciement pour des raisons économiques, le ministre a déclaré ne pas savoir « pourquoi il pourrait y avoir ce licenciement. Il s’agit de ne rien étouffer ». La question des pesticides est brûlante en France et les propos du ministre ont été très mal reçus par les ONG comme par la gauche, plutôt tenants du principe de précaution.

La mission d’information de l’Assemblée nationale sur les pesticides a recommandé, dans son rapport rendu public en avril, une meilleure prévention et information concernant les produits phytosanitaires.