VIDEO. Perquisition à la France insoumise: L'enquête pour «violences» sur policiers et magistrats transférée à Bobigny

AUDITION Sur des vidéos prises lors des perquisitions, Jean-Luc Mélenchon apparaît notamment en train de bousculer un représentant du parquet ainsi qu’un policier qui s’interpose…

20 Minutes avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon lors de la Fête à Macron, le 5 mai 2018.
Jean-Luc Mélenchon lors de la Fête à Macron, le 5 mai 2018. — ISA HARSIN/SIPA

Après les perquisitions, l’audition. Entendu pendant cinq heures par la police dans l’enquête sur ses comptes de campagne et sur les assistants d’eurodéputés de son parti, jeudi, Jean-Luc Mélenchon a, de nouveau, dénoncé une « manœuvre politique ».

« Monsieur Macron, il est temps de rembobiner votre film, tout ça est raté. La manœuvre est complètement ratée », a déclaré le patron de La France Insoumise à propos des perquisitions houleuses aux sièges de LFI et du Parti de gauche, à son domicile ainsi que ceux d’anciens assistants, mardi. « Au départ, ça devait être "le remaniement est fait", le magnifique Jupiter apparaît à la télé… Et le lendemain, Mélenchon passe pour un escroc parce qu’il a été perquisitionné », a-t-il déclaré  à sa sortie des locaux de la police anticorruption (Oclciff) à Nanterre.

« N’en déplaise à certains, il n’y a pas d’exception »

« Nous avons une constitution, elle est claire, l’autorité juridique est indépendante dans notre pays et j’en suis le garant, pour tout le monde. Et n’en déplaise à certains, il n’y a pas d’exception », lui a répondu Emmanuel Macron depuis Bruxelles. De son côté, le leader d’extrême gauche a affirmé avoir déjà répondu par écrit au Parlement européen sur les emplois présumés fictifs d’assistants d’eurodéputés. Concernant la seconde enquête sur ses comptes de campagne de la présidentielle 2017, Jean-Luc Mélenchon a rappelé que ceux-ci avaient été « validés ».

Depuis mardi, le député des Bouches-du-Rhône est au cœur de l’actualité après s'être vivement opposé aux perquisitions menées dans le cadre de ces deux procédures. Après ces incidents, une enquête a été ouverte pour «menaces ou actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire» et « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique », et transférée de Paris à Bobigny. « Oui, il y a eu violence, quatre plaintes sont déposées par mes amis car il y a eu une bousculade dans laquelle ils ont été précipités à terre », a rétorqué jeudi Jean-Luc Mélenchon.

Le coordinateur des campagnes de LFI prévenu des perquisitions

Selon la législation, une perquisition dans le cadre d’une enquête préliminaire n’est possible qu’avec l’accord écrit de l’occupant du domicile ou du représentant légal. Ou, s’il n’est pas d’accord ou absent, en présence de deux témoins majeurs qui ne font pas partie des forces de l’ordre mais qui sont désignés par l’officier de police judiciaire.

Selon une source proche du dossier, Manuel Bompard, coordinateur des campagnes de LFI, a bien été contacté au début de la perquisition au siège du parti et a assisté à cette opération - autorisée par un juge des libertés et de la détention (JLD) - avant qu’elle ne dégénère. Mardi, Manuel Bompard avait affirmé avoir été « empêché d’assister à la procédure administrative » et qu'« aucun PV » n’avait été soumis à sa signature.