«Entier», «impulsif», «manque de sang froid»... On a interrogé des sympathisants insoumis sur les réactions de Jean-Luc Mélenchon

VOUS TÉMOIGNEZ «20 Minutes» a interrogé les sympathisants de La France insoumise sur les dernières sorties de Jean-Luc Mélenchon...

T.L.G.
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Jean-Luc Mélenchon soutenu par les siens.
Jean-Luc Mélenchon soutenu par les siens. — ALAIN ROBERT/SIPA
  • Le comportement de Jean-Luc Mélenchon lors d'une perquisition mardi a été condamné par plusieurs syndicats de police et par l'exécutif.
  • Le chef des Insoumis s'est présenté comme la «victime d'un abus de pouvoir».
  • Les sympathisants LFI soutiennent globalement le comportement du tribun même si certains regrettent les «bousculades».

Le comportement de Jean-Luc Mélenchon lors d’une perquisition mardi a été condamné par plusieurs syndicats de police et par l’exécutif. L’ancien candidat à la présidentielle a concédé que le ton était « monté » mais le tribun s’est présenté comme la « victime d’un abus de pouvoir » : « C’est une manœuvre d’Emmanuel Macron qui a échoué », a-t-il dénoncé ce jeudi, à sa sortie des locaux de la police anticorruption où il a été entendu pendant cinq heures.

Le député des Bouches-du-Rhône pourrait-il payer politiquement les images de cette semaine ? 20 Minutes a lancé un appel participatif et recueilli de nombreuses réponses de la part de sympathisants de La France insoumise.

« Jean-Luc Mélenchon est un homme qui ne cache pas ses sentiments derrière un masque »

Une grande majorité des insoumis nous ayant répondu soutient les récentes sorties de Jean-Luc Mélenchon. « J’ai avant tout vu un homme en colère comme je pourrais l’être dans un cas semblable », assure ChristineEssonne. « Qui ne serait pas en colère lors d’une perquisition à 7 heures du matin pour des raisons politiques ? Les comptes de campagne LFI ayant été validés et l’affaire des assistants parlementaires n’étant qu’une plaisanterie de bas niveau », écrit la militante, reprenant les arguments des cadres du mouvement.

« Il est vrai qu’il sait être très cassant, voire verbalement brutal. C’est Mélenchon : entier, intense, engagé. Ces perquisitions sont des agressions politiques très violentes. Il est sur les nerfs alors il explose », indique Jeffe.

« Il a bien fait de réagir, et il a réagi à sa manière. Jean-Luc Mélenchon est un homme qui ne cache pas ses sentiments et ses pensées derrière un masque de pierre, c’est aussi cela qui me rassure chez lui », ajoute Romain, qui questionne l'indépendance de la justice. « Si la procédure émanait d’une enquête justifiée, avec un juge indépendant, je n’aurais pas cautionné ces réactions. Mais elle émane directement d’un juge sous l’autorité du ministre de la justice* ».

« Je suis choquée plutôt par les méthodes employées contre notre mouvement. Choquée par la tournure médiatique de cette affaire. Mélenchon, l’homme à abattre, je comprends son emportement », s’indigne encore Corine. Jean-Francois dénonce, lui, un « lynchage médiatique édifiant » et une « perquisition digne du grand banditisme ».

« Les bousculades auraient pu être évitées »

Certains sympathisants estiment que l’attitude du patron insoumis pourrait lui porter préjudice. Romain dit ainsi comprendre la colère du tribun mais regrette la «poussée» de Mélenchon envers le procureur : « Vous noterez qu’il s’agit de faire un pas en avant pour aller vers la porte et non un grand tampon de rugbyman… mais effectivement, c’est mal joué, les journalistes ne vont retenir que cet aspect sanguinolent pour faire le buzz. Et ça peut lui nuire ».

Valentin, modérateur d’un groupe de soutien à François Ruffin, estime que la réaction de Jean-Luc Mélenchon est « justifiée face à un tel déploiement policier ». Mais le militant pense aussi « que les bousculades auraient pu être évitées. Je peux comprendre sa colère, car elle est la colère de toute une frange du peuple, mais pour rester présidentiable il faut savoir garder raison ».

« Mélenchon est un sanguin et je regrette qu’il se soit ainsi énervé. Je n’aime pas les images qui circulent. Mais je lui pardonne car j’imagine le sentiment d’injustice qu’il a dû ressentir », estime Sandrine, qui se dit « encore plus engagée qu’avant ». Nicolas regrette de voir le député de Marseille « trop impulsif lors de la perquisition » : « Il aurait peut-être dû se contenir lors de ces échauffourées. Cependant la méthode employée est également à déplorer. Jusqu’à preuve du contraire, il ne s’agit pas d’un baron de la drogue prêt à assassiner du flic mais d’un politicien dans son combat ».

« Il est maintenant hors de question de voter pour lui »

De rares internautes se disent enfin très déçus du comportement du député. « Il m’a intéressé à ses débuts, son raisonnement et ses aspirations permettaient d’entrevoir un monde plus "juste". Mais très vite, il a dérapé, non pas sur le fond, mais dans le langage et la forme qu’il a pris pour exprimer son combat, regrette jccx. Il a perdu toute crédibilité pour moi par ses excès de langage, son manque de sans froid, impardonnable pour quelqu’un qui aspire aux plus hautes fonctions ».

« J’ai voté pour les insoumis aux dernières élections. Pour leurs idées, qui me semblent les plus humanistes dans notre paysage politique. En revanche, je n’aime pas du tout leurs figures de proue, que ce soit Corbière [député LFI] ou Mélenchon. Je les trouve trop agressifs, et même si je peux parfois le comprendre, cela n’aide pas au débat et ne permet pas de faire changer les mentalités ». Pour Jacques, il est « maintenant hors de question de voter pour lui lors des prochaines élections » car « l’image véhiculée par ce genre d’intervention est lamentable ».

*Pour faire une perquisition, le procureur de la République doit obtenir une autorisation du juge des libertés et de la détention, qui est, lui, contrairement au procureur, totalement indépendant du pouvoir en place.