VIDEO. Qui est Jacqueline Gourault, nommée à la tête du grand ministère des Territoires?

PORTRAIT Cette spécialiste des collectivités locales, fidèle de François Bayrou, mais d'une loyauté absolue envers Emmanuel Macron et Édouard Philippe, s'est révélée incontournable...

Manon Aublanc

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La ministre (MoDem) Jacqueline Gourault le 28 juin 2017 à l'Elysée
La ministre (MoDem) Jacqueline Gourault le 28 juin 2017 à l'Elysée — PDN/SIPA

Fidèle de François Bayrou mais loyale à l’exécutif, Jacqueline Gourault, l'ancienne « madame Corse » du gouvernement, a été nommée, ce mardi, à la tête du grand ministère des Territoires, en remplacement de Jacques Mézard, a annoncé l’Élysée dans un communiqué.

Auparavant « ministre auprès du ministre de l’Intérieur », elle sera désormais secondée par Sébastien Lecornu, nommé ministre délégué aux collectivités territoriales et Julien Denormandie ministre chargé de la ville et du logement. Cette spécialiste des collectivités locales est devenue un messager incontournable entre le MoDem et l'exécutif, alors que les relations entre les centristes et la macronie ont parfois été tumultueuses.

Le couteau suisse du ministère de l’Intérieur

En juin 2017, après les retraits forcés des ministres centristes, François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard, visés par une enquête sur des emplois fictifs, le nom de Jacqueline Gourault avait été soufflé au président par le patron du MoDem lui-même afin de maintenir l’équilibre du gouvernement. En juin 2017, elle a été nommée ministre auprès du ministre d'État, du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, en juin 2017, Edouard Philippe lui confie, quelques mois après, le suivi informel du « dossier corse », à la suite de la victoire des nationalistes aux élections territoriales de 2017.

Parfois sollicitée pour remplacer Gérard Collomb lors des débats devant les assemblées, la nouvelle ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales a gagné le surnom d'« agent traitant » du gouvernement auprès des élus. L’ancienne sénatrice MoDem, qui entend « faire de la pédagogie », veut éviter que le fossé d’incompréhension ne se creuse entre les élus de terrain et l’exécutif.

Figure du MoDem

Jacqueline Gourault, ancienne sénatrice MoDem du Loir-et-Cher, fait partie de la garde rapprochée de François Bayrou. L’ancienne enseignante d’histoire-géographie, âgée de 67 ans, accompagne le président du Mouvement démocrate depuis plus de trente ans. « Une des chances de ma vie », avait d’ailleurs déclaré le Béarnais à propos de leur rencontre. La sénatrice entre en politique en 1974 pour soutenir Valéry Giscard d’Estaing lors de la présidentielle. Elle enchaîne les mandats locaux comme conseillère municipale de La Chaussée-Saint-Victor (Loir-et-Cher) près de Blois en 1983, puis comme maire entre 1989 et 2014.

En 1993, elle perd l’élection législative face à Jack Lang. Elle s’opposera de nouveau à lui en 1994, après l’annulation du scrutin, et en 1997. Jacqueline Gourault devient sénatrice en 2001 et s’inscrit au groupe UDI-UC. En 2011, elle prend la tête de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation, avant d’être nommée, en 2014, vice-présidente du Sénat aux côtés de Gérard Larcher. Si elle fait partie de l’équipe dirigeante du MoDem, elle soutient Alain Juppé lors de la primaire de la droite et du centre, avant de rejoindre Emmanuel Macron.