VIDEO. Le domicile de Jean-Luc Mélenchon et le siège de la France insoumise perquisitionnés

ENQUETE Le leader de la France insoumise a filmé et diffusé la perquisition sur son compte Facebook…

F.F. avec AFP

— 

Jean-Luc Mélenchon au Brésil, le 4 octobre 2018.
Jean-Luc Mélenchon au Brésil, le 4 octobre 2018. — JACQUES DEMARTHON / AFP

« C’est une opération politique, ce n’est pas du droit. » Jean-Luc Mélenchon n’a pas apprécié les perquisitions de son domicile et du siège de la France insoumise qui se déroulent ce mardi matin à Paris. Le chef de LFI s’est exprimé sur sa page Facebook, appelant les Insoumis « à occuper le siège » du parti face aux forces de l’ordre. « Je demande à tous mes amis d’occuper ces sièges, de ne pas se laisser faire, de ne pas se laisser intimider », indique le député des Bouches du Rhône.

Selon une source proche du dossier, ces perquisitions sont menées par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions dans le cadre de deux enquêtes préliminaires ouvertes par le parquet de Paris. La première concerne de présumés emplois fictifs d’assistants parlementaires européens. La seconde porte sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon pendant la présidentielle suite au signalement du président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.

« Un coup de force politique »

LFI a dénoncé un « coup de force politique, policier et judiciaire contre Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise », et une « attaque sur la base d’éléments fantaisistes ». « Nous sommes perquisitionnés chez tout le monde. La secrétaire générale du groupe à l’Assemblée, mes anciens assistants qui ont vu débouler aussi les flics à 7h du matin, on leur prend leurs téléphones, on leur prend leurs ordinateurs. Au siège du Parti de gauche dont je suis membre, au siège du mouvement la France insoumise », a protesté le leader du parti dans sa vidéo Facebook.

« Voilà le début du nouveau ministre de l’Intérieur (Christophe Castaner) et du ministre de la Justice (Nicole Belloubet), voilà ce qu’ils sont en train de faire dans tout le pays, pour intimider et faire peur. Je vous demande de ne pas avoir peur, et de protester, parce que ce n’est pas de la justice, ça n’est pas de la police », a-t-il ajouté. « Madame Belloubet, garde des Sceaux, vous devriez avoir honte de ce que vous êtes en train de me faire, parce que vous m’avez connu comme votre ministre, vous m’avez connu comme votre ami. Ce que vous êtes en train de faire est une honte », a déclaré Jean-Luc Mélenchon qui a pris la parole devant les journalistes.

« Une dénonciation d’une élue d’extrême droite »

Dans un communiqué, LFI souligne que l’enquête sur les emplois fictifs du parlement européen a été ouverte à la suite « d’une dénonciation d’une élue d’extrême droite, Sophie Montel, qui avouait elle-même qu’elle n’était pas sérieuse. Elle parlait en effet d’un « pied de nez » ».

« Concernant les comptes de campagne pour l’élection présidentielle de 2017, la commission nationale des comptes de campagne a validé le 13 février 2018 les comptes de Jean-Luc Mélenchon sans aucune irrégularité. Ce n’est pas le cas pour ceux d’Emmanuel Macron pour lequel des irrégularités ont été notées. Afin de prouver publiquement son honnêteté, Jean-Luc Mélenchon a demandé le 8 juin 2018 le réexamen de tous les comptes de campagne », se justifie le mouvement.