Remaniement: Edouard Philippe sur tous les fronts, le futur gouvernement dans tous les esprits

POLITIQUE Le Premier ministre Edouard Philippe était en déplacement ce lundi matin dans la région nantaise…

Julie Urbach

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Edouard Philippe en déplacement près de Nantes les 15 octobre 2018
Edouard Philippe en déplacement près de Nantes les 15 octobre 2018 — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Edouard Philippe et Agnès Buzyn étaient en visite au Jardin de Cocagne, une association qui aide les personnes éloignées de l’emploi.
  • Le remaniement « est une question importante qui sera évoquée le moment venu », a indiqué le Premier ministre, qui se rendra cet après-midi dans l’Aude.

Le remaniement a pris du retard, les dramatiques intempéries qui touchent l’Aude ne devraient pas l’accélérer. Deux semaines après la démission de Gérard Collomb, le remaniement, décrit comme imminent, devrait cependant encore traîner un peu.

Ce lundi matin, pour continuer d’afficher « un gouvernement au travail », le Premier ministre avait programmé une visite dans un jardin d’insertion à Carquefou près de Nantes, sur le thème de lutte contre la pauvreté. Mais alors qu’il devait ensuite rentrer déjeuner avec Emmanuel Macron, laissant penser que le dénouement était proche, il a finalement annoncé qu’il se rendrait cet après-midi dans l’Aude, où les inondations ont déjà fait treize victimes.

Ce lundi, à l’arrivée d’Edouard Philippe au jardin de Cocagne, le futur gouvernement était pourtant dans tous les esprits, entre excitation et lassitude. « Il doit être annoncé en ce début de semaine, confirme-t-on dans l’entourage du Premier ministre. Mais le début de la semaine, ça peut aussi être mardi… » « Il faut tenter de lui poser la question, bien sûr, même s’il n’y a pas grand-chose à espérer », souffle le correspondant d’une radio nationale. « Sont nommés ministres… », lance pour rire un autre journaliste, en attendant qu’Edouard Philippe s’adresse à la presse, à la suite de sa rencontre avec l’association nantaise.

Une question évoquée « le moment venu »

Sous les serres, le Premier ministre mène sa visite comme prévu. Avant d’intervenir au congrès des CCAS, il est venu découvrir le quotidien du jardin de Cocagne, cette association qui donne sa chance à des personnes de tous âges éloignées de l’emploi, grâce à un contrat de deux ans maximum, mais aussi à un accompagnement personnalisé, et notamment psychologique. En 12 ans, 200 personnes au total y ont aidé à la culture de fruits et légumes bio, vendues ensuite en paniers à des familles nantaises. Une sur deux a ensuite retrouvé un emploi.

« Il nous a beaucoup écoutés, il nous a dit que l’on travaillait bien ici et qu’il souhaitait s’inspirer de notre expérience, sourit Marianne Loustalot, directrice du Jardin de Cocagne de Carquefou, comme il en existe un peu partout en France. Les structures d’insertion comme la nôtre ont un grand rôle à jouer dans la lutte contre la pauvreté. On a parlé beaucoup de ça et un peu de l’Aude bien sûr. Mais pas du tout du remaniement ! » « C’est une question importante qui sera évoquée le moment venu », a ensuite balayé le premier ministre.

« Madame Buzyn est là, c’est qu’elle va rester, non ? »

Edouard Philippe n’était pas seul sur le terrain ce lundi matin. Depuis plusieurs jours, les ministres qui semblent les moins en sursis enchaînent les déplacements, à l’instar de Marlène Schiappa dans le Finistère. D’autres, comme Jacques Mézard et Françoise Nyssen annoncés à Saumur, ont été priés de décommander. A Nantes, le Premier ministre était accompagné d’ Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, auprès duquel un secrétariat d’État pourrait être créé dans le futur gouvernement. Cette dernière a cependant annulé sa venue ce midi à Saint-Nazaire, où elle devait rencontrer le personnel d’une maison de santé….

« Si cette dame est là ce matin, c’est qu’elle va rester, non ?, s’interroge un salarié du jardin, qui s’attelle au tri des oignons. En tout cas, moi, je regrette que Nicolas Hulot ne soit plus là, même s’il est parti au bon moment. Ils peuvent mettre n’importe qui au gouvernement, on le voit avec les pesticides, il y a trop de choses contre lesquelles il est difficile de lutter. »