Autoroute: Élisabeth Borne accusée de conflit d'intérêts dans l'attribution d'une concession

ATTRIBUTION La concession de la future autoroute pourrait être attribuée à Eiffage, une entreprise pour laquelle Elisabeth Borne a travaillé, il y a dix ans, comme directrice des concessions…

Manon Aublanc

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Elisabeth Borne, ministre des Transports, le 6 juin 2018.
Elisabeth Borne, ministre des Transports, le 6 juin 2018. — Lucile Gourdon/SIPA

Dans les prochaines semaines, la ministre des Transports doit attribuer la concession de la future autoroute A79. Parmi les candidats, le groupe Eiffage semble avoir de grandes chances de remporter le contrat. Une entreprise pour laquelle Elisabeth Borne a travaillé, il y a dix ans rapporte Le Monde, ce vendredi.

Si Bouygues, NGE, SPIE et Vinci ont également répondu à l’appel d’offres, Eiffage, le géant du bâtiment et des travaux publics, semble bien placé pour remporter la bataille. La future autoroute, qui s’étend de l’Allier à la Saône-et-Loire, est une portion de la route Centre Europe Atlantique (RCEA). Et le contrat est alléchant pour les acteurs des travaux publics : « Un gros demi-milliard d’euros » et la recette des péages assurée « pendant quarante ans. »

Un possible conflit d’intérêts qui inquiète les candidats

D'après le quotidien du soir, un des cinq candidats en lice, qui s’inquiète d’un possible conflit d’intérêts, a demandé si des dispositions particulières seraient prises face à la situation : « Il lui a été répondu que les travaux de la commission, conformément aux habitudes, ne seraient pas rendus publics et que la ministre exercerait normalement ses attributions. »

En 2007 et 2008, avant de diriger la RATP, Elisabeth Borne était employée chez Eiffage comme directrice des concessions. « On est dans la définition du conflit d’intérêts. Dans un cas pareil, la ministre devrait se déporter. Ou alors la commission technique devrait rendre son rapport public pour que la décision ne fasse l’objet d’aucune suspicion », ajoute l’expert.

Pour le cabinet de la ministre des Transports, contacté par Le Monde, cette « accusation est absurde ». Le ministère précise qu’Élisabeth Borne « n’a travaillé ni de près ni de loin sur ce projet » lors de son passage chez Eiffage et ne se dessaisira pas du dossier.

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