François Ruffin s’en prend violemment aux députés qui ont rejeté un texte pour les élèves handicapés

ASSEMBLEE NATIONALE Les députés LREM ont rejeté en bloc jeudi l’amendement proposé par le député LR Aurélien Pradié sur l’accompagnement et l’inclusion des élèves handicapés…

20 Minutes avec AFP

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François Ruffin à l'Assemblée nationale, le 11 octobre 2017.
François Ruffin à l'Assemblée nationale, le 11 octobre 2017. — JACQUES DEMARTHON / AFP

« Ce vote, j’en suis convaincu, ce vote vous collera à la peau comme une infamie », a martelé François Ruffin jeudi soir à l’Assemblée. Le député La France insoumise s’est indigné après le vote des députés contre une proposition de loi pour améliorer la rémunération des accompagnateurs d’élèves handicapés. Sur son site internet, l’élu publié les noms des députés qui ont voté contre l’amendement.

« Chose promise, chose due. Voici les noms des 70 députés qui ont empêché qu’un débat ait lieu sur le statut des accompagnant.es pour enfants handicapés. Nulle délation, juste de l’information sur les choix de vos élus », a écrit François Ruffin avant de citer les noms des députés LREM, LR et Modem qui se sont opposés à ce texte.

« Vous empêchez le débat »

Jeudi à l’Assemblée, François Ruffin a défendu cet amendement porté par le député LR Aurélien Pradié ce jeudi. Il prévoyait notamment un statut unique « d’accompagnant à l’inclusion scolaire », mieux rémunéré, pour les auxiliaires de vie scolaire (AVS) ou les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH). Elle visait aussi à « décloisonner » l’accompagnement entre scolaire et périscolaire.

« Vous allez voter une "motion de rejet préalable". 
C’est-à-dire que la discussion n’aura même pas lieu.
 Que le texte ne sera même pas examiné.
 Vous empêchez carrément le débat. (…) Sur ce thème, les enfants handicapés, leurs accompagnants,
j’espère que le pays ne vous le pardonnera pas. (…) Et ce vote, j’en suis convaincu, ce vote vous collera à la peau comme une infamie », a conclu le député.

Une proposition déjà « fixée » par le gouvernement

Le député à l’origine du texte a également regretté l’abandon de son texte. « Personne ne peut décemment regarder dans les yeux ces familles, ces enfants, ces adolescents, ces accompagnants et leur dire que l’urgence est ailleurs », a-t-il plaidé. L’élu du Lot a rappelé que « le nombre d’élèves en situation de handicap accueillis est passé d’environ 100.000 en 2006 à (…) 340.000 en 2018 », de nombreux élèves étant restés sans solution d’accompagnement à la rentrée.

Interpellé sur le sujet, Jean-Michel Blanquer a observé que le texte comportait « bien entendu des éléments intéressants » sur cette « priorité gouvernementale », mais a refusé d’être « caricaturé comme quelqu’un qui ne voit pas les difficultés actuelles et les pistes d’amélioration ». Il a notamment souligné qu’à la rentrée 2018, « 20.000 élèves de plus que l’an dernier » avaient été accueillis, observant aussi que le statut unique prôné par Aurélien Pradié est « très précisément la feuille de route que nous nous sommes fixée ».