«Je n'annonce pas un départ mais une scission»... Emmanuel Maurel quitte le Parti socialiste

GAUCHE DE LA GAUCHE Emmanuel Maurel reproche notamment aux socialistes de ne pas avoir « tiré les leçons du quinquennat de François Hollande »...

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Maurel, le 10 septembre 2016 à La Rochelle.
Emmanuel Maurel, le 10 septembre 2016 à La Rochelle. — XAVIER LEOTY / AFP

Emmanuel Maurel a annoncé ce vendredi dans une interview au Monde sa décision de quitter le PS, en emmenant avec lui une partie substantielle de l’aile gauche du parti pour se rapprocher de La France insoumise.

Depuis plusieurs semaines, le député européen et ses proches en agitaient la menace. « Je n’annonce pas un départ mais une scission. Aujourd’hui, je ne pars pas seul, mais avec de nombreux militants, des centaines de cadres et d’élus sur l’ensemble du territoire », affirme Emmanuel Maurel. Ce départ est tout sauf une surprise. En septembre, « Nos Causes communes », le club créé par le courant d’Emmanuel Maurel et le MRC (Mouvement républicain et citoyen), avait accueilli Jean-Luc Mélenchon lors d’une université d’été à Marseille.

Une décision « incompréhensible » pour le PS

Rejoint-il La France insoumise ? « Je ne pose pas les choses comme ça. Il y a d’abord un choix, celui de la rupture (…) C’est aussi une volonté, celle de donner une maison à la gauche républicaine. Le travail commencé avec les amis du Mouvement républicain et citoyen y contribuera », affirme-t-il. « Notre objectif est de préparer le Front populaire du XXIe siècle », en reconnaissant à La France insoumise « une place de choix : celle que les électeurs lui ont donnée », assure le député européen, qui militait au PS depuis vingt-cinq ans.

Emmanuel Maurel, qui devrait figurer sur les listes de La France insoumise pour les Européennes, reproche notamment aux socialistes de ne pas avoir « tiré les leçons du quinquennat de François Hollande », et de s’aligner sur les positions d’une « social-démocratie européenne (qui) a failli ». Il estime que la nouvelle direction du PS n’a pas su « incarne (r) le sursaut ».

Jeudi, la direction du PS a condamné par avance cette annonce. « Nous avons tout fait pour essayer de maintenir les différentes sensibilités au sein du parti (…) Jamais la position du PS n’a été aussi claire sur les questions européennes. C’est incompréhensible », a regretté Pierre Jouvet, un proche du premier secrétaire Olivier Faure. Le texte d’orientation de M. Maurel, « L’Union et l’espoir », a obtenu 18,8 % des voix lors du Congrès d’Aubervilliers, et 13 fédérations dont celle des Bouches-du-Rhône.