Indre: Pour protester contre la fermeture d’une maternité, soixante élus vont présenter leur démission

APPEL A L'AIDE Au-delà du service médical, les habitants et les élus se battent contre l’abandon des territoires ruraux par l’administration…

Manon Aublanc

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Environ 3.000 personnes ont manifesté le 15 septembre 2018 pour la réouverture de la maternité du Blanc (Indre), fermée fin juin pour manque de personnel.
Environ 3.000 personnes ont manifesté le 15 septembre 2018 pour la réouverture de la maternité du Blanc (Indre), fermée fin juin pour manque de personnel. — GUILLAUME SOUVANT / AFP

Un cri d’alarme pour alerter les pouvoirs publics. Dans l’Indre, une soixante d’élus, maires et adjoints, vont remettre leur démission au préfet, ce jeudi soir, pour protester contre la fermeture de la maternité du Blanc, à l’arrêt depuis le mois de juin.

Dans quelques semaines, la maternité du Blanc, dans l’Indre, devrait fermer définitivement ses portes, même si plus aucun acte n’est pratiqué depuis le mois de juin. Depuis trois mois, les manifestations et les actions se multiplient pour sauver ce service. Au-delà du service médical, les habitants et les élus se battent contre l’abandon des territoires ruraux par l’administration.

« C’est à la fois une action importante mais aussi un acte de détresse »

« Les femmes vont courir un risque en n’ayant plus de maternité à proximité », s’insurge Annick Gombert, maire du Blanc (Indre). « Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, nous demandons avec le Comité de défense de l’hôpital du Blanc, à rencontrer la ministre. Parce que c’est elle, et elle seule, qui détient la clé et peut nous permettre de discuter », a expliqué Laurent Laroche, maire de Bélâbre, au micro de RTL.

« La ministre refuse de nous rencontrer, et ce geste symbolique de déposer nos écharpes c’est à la fois une action importante mais aussi un acte de détresse », assure-t-il. « On est à une heure de Poitiers, on est à une heure de Châteauroux », a-t-il ajouté.

Le préfet de l’Indre a deux mois pour accepter ou non la démission des élus

Et pour cause, la commune de 7.000 habitants se trouve à une heure de route des maternités de Châteauroux (Indre), Poitiers ou Châtellerault (Vienne). Une situation qui inquiète les mamans qui arrivent bientôt au terme de leur grossesse.

Si la maternité accuse un déficit annuel de 2 millions d’euros, selon l’Agence régionale de santé​, la fermeture serait due à un faible nombre d’accouchements et à du personnel manquant. Le préfet de l’Indre a désormais deux mois pour accepter ou non la démission des élus.