Lyon: «Le roi est nu», l'opposition raille le retour de Gérard Collomb

REACTIONS Le retour annoncé de Gérard Collomb à la mairie de Lyon et peut-être de la métropole, suscite de nombreuses réactions hostiles...

Caroline Girardon
— 
Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur.
Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur. — NICOLAS NICOLAS MESSYASZ/SIPA
  • Le maire de Lyon Georges Képénékian a démissionné dès mardi soir.
  • Elus de droite et de gauche dénoncent des « petits arrangements entre amis ».

Georges Képénékian a rendu son tablier. Le maire de Lyon avait affirmé qu'il allait laisser sa place à Gérard Collomb à la tête de l’Hôtel de Ville. Il a tenu parole en démissionnant dès mardi soir.

L’ex-ministre de l’Intérieur, qui a quitté la place Beauvau avec perte et fracas, va donc pouvoir retrouver son trône, sans même que les Lyonnais s’expriment dans les urnes. Un conseil municipal extraordinaire devrait être organisé dans les prochains jours. « C’est peut-être légal mais ce n’est pas loyal, ni moral », réagit Denis Broliquier, maire centriste du 2e arrondissement de Lyon.

« Un show dont les Lyonnais se seraient bien passés »

«Gérard Collomb humilie une nouvelle fois Emmanuel Macron et Edouard Philippe, relégués en simples spectateurs d’un show dont les Lyonnais et les Français se seraient bien passés », enchaîne pour sa part Philippe Cochet, président des Républicains dans le Rhône.

« Comment peut-on faire confiance à un homme qui abandonne les Français et le président de la République à la première difficulté ? », s’interroge son comparse Alexandre Vincendet, maire de Rillieux-la-Pape. Et d’ajouter : « Alors que notre métropole, ses communes et ses habitants ont subi au quotidien les conséquences de son absence de cap politique lorsqu’il en était le président, les voici donc confrontés la perspective du retour d’un candidat dont sa propre majorité ne veut plus. »

« Sauve qui peut »

« Aujourd’hui, le roi est nu », raille André Gerin, député-maire PCF honoraire de Vénissieux. « C’est donc le sauve-qui-peut », ajoute-t-il évoquant une « position devenue suicidaire » au sujet de son avenir à la tête de la Métropole de Lyon, présidée par David Kimelfeld.

Remonté, l’élu en appelle au rassemblement de la gauche, avant l’échéance de 2020, pour « battre ce dirigeant décrédibilisé ». Guère plus conciliante, Aline Guitard, secrétaire du PCF de Lyon estime que l’attitude de Gérard Collomb « montre combien ses intérêts privés priment sur ceux de la métropole et de ses habitants ». « Lyon n’est pas une petite baronnie médiévale », s’indigne-t-elle dénonçant « des petits arrangements entre amis ».

«Il est temps que Lyon se libère d'un joug féodal»

Accusant le ministre d’avoir « créé une crise de gouvernance inédite à la tête de l’Etat », Stéphane Guilland, du groupe « Les Républicains & Apparentés - Ensemble pour Lyon » de la Ville de Lyon, déplore une « attitude peu responsable ». « Nous ne doutons pas que les Lyonnais sauront se souvenir de l’attitude de l’ex et futur Maire de Lyon, attitude bien loin des pratiques du nouveau monde qu’il se targuait encore d’incarner il y a peu », prédit-il.

«Il est temps que Lyon se libère d'un joug féodal», estime Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement, qui indique qu'elle votera contre la réélection de Gérard Collomb lors du conseil municipal extraordinaire.