Démission de Collomb: Macron finit par l'accepter, l'ex-ministre prêt à partir à Lyon dès mercredi

DEMISSION Le Premier ministre Edouard Philippe, chargé d’assurer l’intérim, a annulé un voyage officiel en Afrique du Sud prévu jeudi et vendredi...

M.C.

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Le ministre de l'Intérieur Gerard Collomb devant l'Elysée le 22 août 2018.
Le ministre de l'Intérieur Gerard Collomb devant l'Elysée le 22 août 2018. — SIPA

Emmanuel Macron n’a finalement pas eu le choix. Au lendemain d’un premier refus, le chef de l’Etat, dans la tourmente depuis la rentrée, a fini par accepter mardi soir la démission du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, qui veut reprendre la mairie de Lyon.

Dans l’attente de la nomination d’un successeur, le chef de l’Etat a demandé au Premier ministre Edouard Philippe d’assurer l’intérim, selon l’Elysée. Le chef du gouvernement a annulé un voyage officiel en Afrique du Sud prévu jeudi et vendredi, a fait savoir dans la foulée Matignon.

« Le Conseil des ministres », mercredi à partir de 10h, se déroulera « avec le gouvernement ainsi constitué », a ajouté la présidence. Dans une interview au quotidien régional Le Progrès, le désormais ex-ministre de l’Intérieur confirmait son retour à Lyon, et évoquait même la possibilité de ne pas participer au conseil des ministres, si un successeur lui était trouvé « dans la nuit ».

Un coup dur après les démissions de Nicolas Hulot et Laura Flessel

Dans l’après-midi, le ministre de l’Intérieur avait déjà expliqué au Figaro qu’il « maintenait » sa « proposition de démission » faite lundi au chef de l’Etat et que ce dernier avait aussitôt refusée. Après cette interview, Emmanuel Macron avait jugé « regrettable que Gérard Collomb se soit mis dans la situation le conduisant à devoir démissionner », selon son entourage. Le président « recevra rapidement les propositions du Premier ministre » en vue de son remplacement, avait-on précisé de même source.

Selon une source proche du dossier, l’actuel maire de la ville Georges Képénékian, qui a confirmé qu’il rendrait les clefs de Lyon à Gérard Collomb dans l’interview au Figaro, a envoyé sa lettre de démission au préfet du Rhône mardi soir. Un nouveau coup dur pour l’exécutif, déjà confronté depuis la rentrée aux démissions soudaines de Nicolas Hulot et Laura Flessel.

« C’est la débandade ! », critique l’opposition

Depuis l’annonce le mois dernier de ses intentions pour les municipales de 2020, Gérard Collomb, qui comptait initialement rester place Beauvau jusqu’après les européennes de mai 2019, se trouvait fragilisé. Dans l’opposition comme au sein même de son ministère, de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer son départ.

« Cirque », « grand-guignol », « mauvais vaudeville » : l’opposition, qui ironisait sur le bras de fer engagé entre gérard Collomb et le chef de l’Etat, a commenté la nouvelle avec ironie. « On a jamais vu cela ! Un an de péripétie, de démissions en cascades, un an et c’est la débandade…. cette nuit, comble de la Macronie, il n’y a pas de ministre de l’Interieur… en France », a tweeté la députée européenne Nadine Morano (LR).