Municipales à Lyon: Gérard Collomb ne peut plus être ministre, estime l’opposition à l'Assemblée

MANDAT Pour Aurore Bergé, Emmanuel Macron a renouvelé sa confiance à Gérard Collomb « en refusant sa démission et en lui demandant de rester pleinement attentif à sa tâche »… 

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Intérieur Gerard Collomb devant l'Elysée le 22 août 2018.
Le ministre de l'Intérieur Gerard Collomb devant l'Elysée le 22 août 2018. — SIPA

Alors qu’il avait souhaité quitter ses fonctions, place Beauvau, pour s’occuper pleinement de sa candidature aux municipales de Lyon, la démission de Gérard Collomb a été refusée par Emmanuel Macron. Mais pour les groupes d’opposition à l’Assemblée, l’actuel ministre de l’Intérieur ne peut plus continuer à exercer ses fonctions.

« On a un ministre de l’Intérieur qui n’a plus d’oxygène et que le président de la République a décidé de maintenir sous assistance respiratoire. Ça ne tiendra pas longtemps », a affirmé Christian Jacob, le chef du groupe Les Républicains (LR), mardi 2 octobre. Ce dernier estime que Gérard Collomb « pense plus à Lyon » aujourd’hui.

« On ne peut pas avoir un ministre de l’Intérieur dont la moitié du cerveau est à Lyon »

De son côté, Franck Riester, coprésident du groupe UDI-Agir, a appelé le chef de l’État à prendre une décision. « Je vois difficilement comment sur le temps long, le ministre de l’Intérieur (…) peut continuer sereinement à exercer ses fonctions », a-t-il ajouté. Boris Vallaud, porte-parole du groupe socialiste, a lui dénoncé une « mise en scène » de l’exécutif, avec un ministre « fragilisé ». « On ne peut pas avoir un ministre de l’Intérieur dont la moitié du cerveau est à Lyon, et empêtré dans ses questions 'je t’aime moi non plus' », a-t-il affirmé.

« C’est vraiment du cirque », a commenté le député communiste, Sébastien Jumel, à propos du refus de la démission de Gérard Collomb. « Pendant ce temps-là, on constate que le ministre de l’Intérieur n’est pas à la tâche et ça, c’est une préoccupation (…) il est ministre de Lyon, depuis le début », a raillé l’élu de Seine-Maritime. « Nous avons un ministre de l’Intérieur qui est déjà à l’extérieur du gouvernement », s’est insurgé, de son côté, Éric Ciotti à l’Assemblée nationale. « Cette démission anticipée pose problème majeur quant à la protection des Français », a-t-il ajouté.

« Plus qu’un exécutif ou un gouvernement, on a une auberge espagnole »

« Après la démission de Nicolas Hulot, les tergiversations autour de la présence ou pas dans l’hémicycle de Manuel Valls (…) on voit que, plus qu’un exécutif ou un gouvernement, on a une auberge espagnole ou plutôt un hall de gare », a taclé Adrien Quatennens, député de la France insoumise au micro de BFMTV.

Si la députée LREM Aurore Bergé reconnaît une rentrée agitée, il n’y a pour autant « aucune crise ouverte », seulement « la tentation de certains d’essayer d’en créer une », a-t-elle estimé. Pour l’élue, Emmanuel Macron a renouvelé sa confiance à Gérard Collomb « de manière très claire en refusant sa démission et en lui demandant de rester pleinement attentif à sa tâche, ce qu’il est », a-t-elle argumenté.