Marseille: La République En Marche ne veut plus marcher à l'ombre des municipales

POLITIQUE Des députés LREM ont publié une tribune dans laquelle ils refusent toute alliance avec Les Républicains pour les municipales à Marseille…

Adrien Max

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Cathy Racon-Bouzon, Claire Pitollat, Saïd Ahamada et Alexandra Louis souhaitent faire émerger un projet pour les municipales à Marseille.
Cathy Racon-Bouzon, Claire Pitollat, Saïd Ahamada et Alexandra Louis souhaitent faire émerger un projet pour les municipales à Marseille. — Assemblage photo.
  • Les députés LREM de Marseille, soutenus par les comités locaux, ont publié une tribune dans laquelle ils se posent en opposition à la mairie LR.
  • Ils souhaitent faire émerger un projet pour Marseille lors des municipales, avant de penser à un candidat.

La République en Marche lance son offensive à Marseille. Dans une tribune publiée en fin de semaine dernière, les quatre députés LREM de Marseille, Claire Pitollat, Saïd Ahamada, Cathy Racon-Bouzon et Alexandra Louis se positionnent clairement contre la politique actuelle menée par la mairie LR.

« Si certains imaginent encore se répartir les postes dans un entre soi permanent, si certains excluent ou répudient ceux qui portent une voix indépendante alors que ce territoire a besoin de tous les talents pour se construire, si certains considèrent telle collectivité donnée en héritage comme le tremplin de leur ambition personnelle, nous voulons dire qu’ils trouveront en face d’eux, dès le premier tour, des marcheurs et des citoyens engagés, qui n’ont aucun poste à défendre, aucun strapontin à conserver, mais qui portent avec sincérité une ambition pour leur ville », expliquent-ils.

Retour aux sources

Pour Claire Pitollat, l’éviction de Jean-Pierre Serrus, ancien adjoint à la mobilité à la métropole, récemment passé de LR à LREM, n’est pas le déclencheur. « C’est une volonté des marcheurs d’en bas, des marcheurs du mouvement qui travaillent au quotidien sur un programme, pour créer un projet. C’est une volonté de la base du mouvement », justifie la députée.

Ils souhaitent se poser en opposition avec les pratiques actuelles. « Cela fait bien trop longtemps que les Marseillais entendent parler de personnes plutôt que de projet. Nous souhaitons faire des propositions sur des sujets dont les habitants nous parlent au quotidien », avance Alexandra Louis, comme un clin d’œil à l’annonce de la candidature de Bruno Gilles (LR).

Surtout, par cette tribune, les députés souhaitent rappeler l’essence même de leur mouvement, alors que beaucoup s’interrogent sur leur présence dans les Bouches-du-Rhône. Une situation résumée ironiquement par Jean-Claude Gaudin, lors de sa démission de la métropole : « Vous les voyez, vous, les marcheurs ? Ils n’arrivent pas à prendre racine », avait-il plaisanté. « Nous fonctionnons par projet. Nous avons élaboré un projet pour la France avec Emmanuel Macron, et lors des législatives, que nous incarnons dès lors. Il est désormais temps de travailler sur un projet pour notre ville et notre territoire », rétorque Cathy Racon-Bouzon.

« Marche rapide »

Pour cela ils vont s’appuyer sur les comités locaux qui sont au plus près des attentes des Marseillais. Et notamment sur quatre sujets centraux, la mobilité, l’éducation, l’attractivité économique et la sécurité. Cela passera également par la nomination d’un référent départemental, après la démission de Corinne Versini. « Le processus de nomination est en cours, en collaboration avec les comités et les députés. Mais nous pouvons dire que nous venons d’enclencher le mode "marche rapide" », Saïd Ahamada, tout en image.

Quant à l’incarnation du projet, tous s’accordent pour dire qu’il est trop tôt pour parler d’un candidat. « Le mouvement décidera le moment venu qui est le plus à même d’incarner le projet. Je n’ai aucun doute sur le fait que nous aurons largement assez de personne pour défendre notre projet. Nous gardons la porte ouverte à toutes les personnes, issues de la société civile, ou pas, qui se reconnaîtront dans ce que nous portons », souhaite Saïd Ahamada.

Pas d’alliance avec LR, au moins au premier tour donc, mais LREM devra néanmoins savoir s’entourer pour s’emparer de Marseille, comme Emmanuel Macron le rêve.