Européennes: LREM lance sa campagne avec un appel à candidatures

SOCIETE CIVILE Le parti présidentiel a lancé un site internet destiné à candidater sur sa future liste aux Européennes...

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron agite le drapeau européen pendant un meeting à Nantes, le 19 avril 2017.
Emmanuel Macron agite le drapeau européen pendant un meeting à Nantes, le 19 avril 2017. — David Vincent/AP/SIPA

A huit mois des élections européennes, La République en Marche a donné le coup d’envoi de sa campagne, ce mercredi soir à Paris, en lançant un appel à candidatures. Le parti présidentiel a repris le dispositif qui lui avait permis de remporter une confortable majorité absolue à l’Assemblée nationale et a donc lancé un site internet destiné à candidater sur sa future liste aux Européennes.

Les candidatures sont ouvertes à « toute personne, issue du milieu politique ou de la société civile », adhérant aux valeurs du parti et « voulant refonder l’Europe ». En jeu : relancer une dynamique enrayée, alors que les intentions de vote pour la liste LREM aux Européennes connaissent un trou d’air, en même temps que l’exécutif souffre d’une chute de sa popularité.

« Ce respect de la parole de nos concitoyens permet de régénérer la politique »

De la campagne présidentielle, les troupes d’Emmanuel Macron ont également repris la « Grande marche », cette fois « pour l’Europe », un vaste porte-à-porte qui s’est tenu en avril et mai derniers. Des 80.000 questionnaires récoltés (sur 230.000 portes frappées dans 3.500 communes), le parti présidentiel en retient « un attachement au projet européen » de la part des personnes interrogées, qui rejettent toutefois « une Europe gestionnaire et inefficace » et appellent à un interventionnisme accru de l’Union dans l’écologie, l’économie, la sécurité et la défense, et la question migratoire.

« Ce respect de la parole de nos concitoyens permet de régénérer la politique, elle est la promesse de partir du réel, du vécu », a voulu convaincre le délégué général de LREM Christophe Castaner, qui a appelé à la « nécessité de la refondation du projet européen ».

Pas de véritable programme détaillé

Devant plusieurs centaines de militants réunis dans un théâtre du XIIIe arrondissement de Paris, mercredi soir, le délégué général du parti, accompagné de Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, et la ministre de l’Europe, Nathalie Loiseau, ont défendu « non pas plus ou moins d’Europe, mais mieux d’Europe ». Parmi les premières idées défendues, « la taxation juste des Gafa (tels Google, Amazon, Facebook, Apple, ndlr) » : « ces acteurs doivent accepter ces règles nouvelles de l’Europe et y contribuer justement », a exhorté Christophe Castaner.

Mais, à défaut de véritable programme détaillé, Nathalie Loiseau a renvoyé au discours d’Emmanuel Macron, prononcé il y a un an jour pour jour à la Sorbonne. Largement saluée au-delà de la seule République en marche, la parole présidentielle d’alors avait nourri le projet d’une « vaste liste centrale » pro-européenne et « progressiste », en se posant comme meilleur opposant aux poussées populistes et nationalistes.

Le nom de Daniel Cohn-Bendit est régulièrement cité comme possible candidat en chef

Aujourd’hui, la question des alliances n’est plus d’actualité : « Nous ne voulons plus des accords entre les grandes formations politiques avant même que les citoyens n’aient voté », a juré Christophe Castaner. De même, si les résultats de « la grande marche pour l’Europe » doivent désormais être « la boussole » du parti, la question de la tête de liste n’est toujours pas tranchée, chez LREM, où aucun calendrier n’a été fixé.

« Christophe Castaner voit régulièrement un petit groupe, Sylvie Goulard (éphémère ministre de la Défense en mai 2017, ndlr) et Daniel Cohn-Bendit », a expliqué un ténor du parti. Depuis plusieurs semaines, le nom de l’ex-eurodéputé vert franco-allemand est régulièrement cité comme possible candidat en chef. Il n’était toutefois pas présent mercredi soir à Paris.