Comptes de campagne de 2017: Il n’y aura pas d’enquête pour «vérifier la transparence et la probité des comptes»

ELECTION L’association anticorruption Anticor demandait une vérification globale, à la suite des révélations sur les différentes « ristournes » qu’ont pu obtenir certains candidats pendant la présidentielle…

20 Minutes avec AFP

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Jérôme Karsenti, avocat d'Anticor.
Jérôme Karsenti, avocat d'Anticor. — BERTRAND GUAY / AFP

Le parquet de Paris a classé sans suite jeudi la plainte de l’association Anticor qui demandait une enquête pour « vérifier la transparence et la probité des comptes » de campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, a appris vendredi l’AFP de source judiciaire.

Anticor avait dénoncé en juin une série de remises, avantages ou surfacturations suspectes, mais le ministère public estime, après avoir reçu des précisions de la Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP), que les infractions visées n'« apparaissent pas constituées », selon la lettre de 11 pages adressée à l’association par le procureur François Molins et dont a eu connaissance l’AFP.

Enquêtes

Ce classement ne concerne pas certaines dépenses de Jean-Luc Mélenchon, déjà visées par une enquête préliminaire ouverte à Paris après un signalement en avril de la même commission, ni une soirée électorale d’Emmanuel Macron qui fait l’objet depuis fin juin d’une enquête à Lyon.

« Le parquet a donné une réponse circonstanciée, juridique, mais qui agit comme un bouclier de la commission des comptes de campagne. Il s’agit d’une fausse réponse juridique qui ne s’appuie que sur des éléments transmis par la commission, sans autres investigations complémentaires et contradictoires », a réagi auprès de l’AFP Jérôme Karsenti, avocat d’Anticor.

Basé sur le travail de médias

Dans sa plainte déposée le 14 juin, Anticor dénonçait de possibles « tentatives de détournements de fonds publics », « abus de confiance », « abus de bien sociaux » et violation du principe d’égalité entre les candidats. L’association anticorruption s’appuyait sur le travail de médias - dont Mediapart, Le Monde et Radio France - qui accusaient principalement la campagne de l’actuel président d’avoir bénéficié de « prix cassés » et de « ristournes cachées », en particulier pour les locations de lieux de meeting et de matériel.

Le 19 juillet, la CNCCFP, après avoir été sollicitée par le parquet, a répondu et expliqué sa position sur chacune des dépenses épinglées par Anticor et les médias concernant Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Marine Le Pen, celles de Jean-Luc Mélenchon ayant déjà été dénoncées par elle-même en avril.

Sur cette base, le parquet conclut notamment que les rectifications de la commission et les demandes d’explications qu’elle a formulées aux candidats ne suffisent pas à faire soupçonner une tentative de fraude, a indiqué une source proche du dossier. Encore faut-il que les irrégularités semblent présenter un caractère « systématique » ou délibéré ou qu’apparaisse « une possible volonté de tromper la commission », estime le ministère public dans son courrier.