Marseille: «Margaret Thatcher» ou «la belle Martine», qui est Martine Vassal, nouvelle présidente de la métropole?

POLITIQUE La présidente des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal, a été élue à la tête de la métropole Aix-Marseille ce jeudi…

Adrien Max

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Martine Vassal (UMP) élue présidente des Bouches-du-Rhônes, le 2 avril 2015 à Marseille
Martine Vassal (UMP) élue présidente des Bouches-du-Rhônes, le 2 avril 2015 à Marseille — BORIS HORVAT AFP
  • Martine Vassal devrait être élue à la tête de la métropole Aix-Marseille ce jeudi matin, succédant à Jean-Claude Gaudin.
  • Le maire de Marseille l’a lancé en politique en 2001.
  • En étant présidente des Bouches-du-Rhône et si elle est élue à la tête de la métropole, elle serait à la tête du deuxième budget de France avec 7,2 milliards d’euros.

« J’ai rencontré les différents maires de la métropole, une élection n’est jamais gagnée d’avance. » Martine Vassal (LR) la joue modeste. Pourtant rien ne l'a empêché de devenir ce jeudi la nouvelle présidente de la métropole Aix-Marseille Provence. Un vote a entériné la succession de Jean-Claude Gaudin (LR), lui qui a adoubé Martine Vassal lors de sa démission.

Le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, tient une place prépondérante dans la carrière politique de « la belle Martine », comme il l’aime l’appeler. C’est lui qui est venu la chercher en 2001 pour l’inscrire sur ses listes pour les élections municipales. « J’ai bénéficié de la loi sur la parité », reconnaît l’intéressée.

Gaudin, un ami de la famille

Mais leur histoire commence bien avant. « Le papa de Martine, Elie, a toujours été mon ami. J’avais œuvré pour son usine de textile pour l’armée quand j’étais député. Martine Vassal l’a reprise et quand elle a fermé en 2001, je l’ai sollicité pour qu’elle devienne mon adjointe aux emplacements publics », se remémore Jean-Claude Gaudin.

Une proposition tout de suite acceptée par Martine Vassal. « Lorsque l’entreprise familiale a connu des difficultés liées à la disparition du service militaire et au passage aux 35 heures, j’ai compris l’impact de la politique. Ça m’a donné envie de m’engager », reconnaît-elle.

En 2008, elle devient présidente du groupe d’opposition au conseil général des Bouches-du-Rhône. « Là, j’ai bénéficié de la loi sur le non-cumul des mandats », explique Martine Vassal. « J’ai tout de suite vu qu’elle était faite pour la vie politique, elle était très présente sur le terrain et très curieuse », se souvient Yves Moraine, président du groupe LR à la mairie.

Deuxième budget de France

Selon lui, « son caractère, son courage et sa capacité à faire face à l’adversité », lui ont permis d’en arriver là où elle est aujourd’hui. « La droite républicaine n’avait pas dirigé les Bouches-du-Rhône depuis 100 ans. Martine Vassal a su rassembler notre famille et le centre, ce qui lui a permis de remporter les élections départementales, et d’être élue présidente des Bouches-du-Rhône », avance Jean-Claude Gaudin.

Une aubaine pour le maire de Marseille, Martine Vassal a déjà alloué plus de 100 millions d’euros en trois ans pour la ville. « Je suis très attaché à Marseille. Je voyage beaucoup mais je suis toujours très heureuse de revenir ici. Ça me touche quand je vois nos enfants faire des études supérieures et n’avoir comme seul horizon de quitter ce territoire. Nous avons tous les atouts pour réussir », martèle-t-elle.

Et elle, semble avoir tous les atouts pour faire réussir Marseille. Si elle est élue, elle sera à la tête du deuxième budget de France avec près de 7,2 milliards d’euros. Mais elle devra faire face à quelques échéances politiques, en premier lieu la fusion entre la métropole et le département voulu par l’Etat. Mais elle pourra compter sur « [sa] volonté de transformation, [sa] détermination, [sa] capacité de travail et [son] équilibre personnel », comme elle se décrit.

« Elle n’a encore rien prouvé »

A moins que ce soit sur son autoritarisme, que lui prête Benoît Payan, chef de l’opposition PS à la mairie. « C’est un peu Margaret Thatcher, elle essaye de diriger avec autorité », considère-t-il. Mais il regrette surtout le probable cumul des mandats de la présidente du département, et de la future présidente de la métropole. « Des outils de transformation du territoire comme le département et la métropole ne peuvent être gérés à mi-temps », dénonce benoît Payan.

L’ancien député socialiste Patrick Menucci considère, lui, que Martine Vassal n’a encore « rien prouvé ». « Elle sera prise entre deux chaises à la métropole : satisfaire les maires et se recentrer sur les grands projets. Elle ne pourra pas demander de l’argent à l’Etat pour construire une salle communale à pétaouchnok et développer les transports, la propreté. Si elle obtient le suffrage direct universel pour la métropole, je la considérerai comme une femme politique… ».

Martine Vassal a dix-huit mois pour faire ses preuves, elle qui se félicite d’avoir accompli 98 % de ses engagements en trois ans au département.