Le départ annoncé de Gérard Collomb, nouveau casse-tête pour Macron

PROBLEME La sortie programmée du ministre après les européennes de mai 2019 risque d’ajouter encore à la confusion d’une rentrée bien agitée pour l’exécutif…

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Intérieur Gerard Collomb devant l'Elysée le 22 août 2018.
Le ministre de l'Intérieur Gerard Collomb devant l'Elysée le 22 août 2018. — SIPA

Dans un entretien à L’Express, le ministre de l’Intérieur a annoncé mardi qu’il serait candidat à Lyon en 2020 et qu’il envisageait de quitter son poste gouvernemental après les Européennes de 2019 pour faire campagne. « C’est loin, les municipales. Si d’ici là on ne m’a pas diagnostiqué de maladie grave [rires], je serai candidat à Lyon », a-t-il dit, mettant fin aux spéculations sur son implication dans les futures batailles municipales lyonnaises.

L’Elysée, qui était au courant depuis « plusieurs jours » selon une source gouvernementale, a qualifié de « bonne nouvelle » que Gérard Collomb souhaite à 71 ans « consacrer du temps et de l’énergie » à la métropole lyonnaise. Du côté de Matignon, on a évoqué un « secret de Polichinelle » en rappelant combien le ministre de l’Intérieur était attaché à sa ville dont il fut le maire pendant 16 ans avant d’être nommé en mai 2017 ministre de l’Intérieur.

Des sorties « maladroites »

Emmanuel Macron remaniera « lorsqu’il le jugera nécessaire », a précisé l’Elysée. Plusieurs autres ministres pourraient se lancer dans la course aux municipales, comme Benjamin Griveaux à Paris ou Christophe Castaner à Marseille. Le président a déjà été contraint début septembre de reconfigurer le gouvernement après les départs soudains de Nicolas Hulot et Laura Flessel en plein milieu d’une rentrée compliquée avec les suites de l’affaire Benalla et la valse hésitation sur l’impôt à la source.

Habituel relais discipliné de la parole élyséenne, Gérard Collomb disait cultiver une relation « quasi filiale » avec Emmanuel Macron à l’investiture duquel il était apparu particulièrement ému. Il avait dès lors créé la surprise en pointant du doigt le « manque d’humilité » de l’exécutif, le 6 septembre. Une sortie qualifiée de « maladroite » et de « limite » mardi par une source gouvernementale, « car elle a donné le sentiment qu’elle visait le président ».

« Ça va finir par couler tout ça »

Commentant ces difficultés, la métaphore du Titanic a inspiré l’opposition de droite comme de gauche, à l’image du député LFI Eric Coquerel qui estime que « ça va finir par couler tout ça ». Le président des Républicains, Laurent Wauquiez a qualifié de « surréaliste » l’annonce de Gérard Collomb qui, comme Nicolas Hulot et Laura Flessel, « choisit sa date de départ », un acte selon lui « révélateur de l’affaiblissement du président de la République ».

« Les neuf mois qui s’annoncent ne seront pas une sinécure. Personne ne comprendrait qu’il ne mène pas les chantiers à leur terme avant de s’en aller », a également déclaré le patron du syndicat policier Alliance, Jean-Claude Delage, qui voit cependant dans son annonce, une « marque de responsabilité et d’honnêteté ». « Je ne serai pas ministre de l’Intérieur jusqu’à l’avant-dernier jour. A partir d’une certaine période, il vaut mieux être totalement disponible pour la campagne », a expliqué le ministre dans L’Express.

Moqué pour son verbe parfois brouillon, critiqué pour ne pas avoir su couper le cordon avec sa ville de cœur, Gérard Collomb a maintenu son crédit auprès de l’opinion publique en dépit de réformes contestées. Mais cet été, le ministre de l’Intérieur a été pris dans la tourmente de l’affaire Benalla.