Présidence du groupe LREM: Gilles Le Gendre, une victoire et beaucoup d'attentes

ASSEMBLEE A 60 ans, le député de Paris succède à Richard Ferrand à la tête du groupe de députés marcheurs...

L.C.

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Gilles Le Gendre à l'Assemblée, le 3 avril 2018 à Paris.
Gilles Le Gendre à l'Assemblée, le 3 avril 2018 à Paris. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

La passation a eu lieu dans l’hémicycle ce mardi après-midi. Richard Ferrand, nouveau président de l’Assemblée nationale, a donné la parole à Gilles Le Gendre, fraîchement élu​ à la présidence du groupe des députés La République en marche. Gratifié d’un sourire de son prédécesseur désormais au perchoir, et d’une ovation des députés de La République en marche, son successeur a ensuite loué la politique de « justice sociale » menée selon lui par la majorité depuis 2017.

Tout semblait donc rentré dans l’ordre après un mois de septembre marqué par la démission de Nicolas Hulot du gouvernement et deux scrutins internes ayant donné lieu à des rivalités et des déceptions.

« Maintien d’une continuité »

En rassemblant 157 voix contre 107 pour Roland Lescure au second tour, après un premier tour serré, Gilles Le Gendre obtient une victoire nette. A 60 ans, le député de Paris est un novice en politique. Il est arrivé à l’Assemblée après avoir battu NKM dans la 2e circonscription de Paris.

Avant de faire de la politique, il a fait carrière dans les médias, d’abord comme journaliste, puis directeur de la rédaction de Challenges à la fin des années 1990, avant de se tourner vers la communication, au sein du groupe FNAC. Il a ensuite créé son agence de conseil aux entreprises.

Cet homme courtois, à la voix posée, a pris de l’importance au sein de la majorité en devenant l’un des vice-présidents et l’un des porte-paroles du groupe des « marcheurs ». Ces responsabilités faisaient de lui l’héritier naturel de Richard Ferrand. « Le gendre idéal », grince un député, « idéal pour le maintien d’une continuité ».

Un groupe qui veut « plus de libertés »

« Roland Lescure et Gilles Le Gendre étaient tous deux à même de mener le groupe », juge Joachim Son-Forget, qui qualifie la victoire du second de « choix de la stabilité ». Bien que les marcheurs aient choisi cette voie, ils ont selon le député des Français de l’étranger de « fortes attentes » d’un changement au sein du groupe. « Les députés veulent plus de liberté dans le dépôt des amendements, dans l’organisation du groupe, l’écoute mutuelle, la place laissée à chacun selon ses capacités… »

Ils étaient aussi nombreux à souhaiter qu’une femme prenne la présidence du groupe, après avoir fait une campagne axée sur la féminisation de la vie politique. Cela explique-t-il la petite trentaine d’abstentions au second tour ?

Gilles Le Gendre devra répondre à ces attentes tout en mettant en œuvre le programme de réformes du gouvernement, à la tête d’un groupe de plus de 300 marcheurs qui expriment de plus en plus leurs divergences. Dans sa profession de foi de candidat, il a plaidé pour « plus de collégialité », « plus de politique » et « plus d’efficacité ». Il dispose en tout cas de peu de temps pour faire ses preuves, si les macronistes respectent leur engagement de remettre en jeu à mi-mandat tous les postes à responsabilités au sein du groupe, soit à l’automne 2019.