Rassemblement national: Pour les Européennes, Marine Le Pen se cherche encore des alliés

POLITIQUE Cernée par les affaires, à la tête d'un parti en difficulté financière, Marine Le Pen se lance dimanche à Fréjus (Var) dans la bataille des européennes...

Thibaut Le Gal

— 

Marine Le Pen cherche du regard d'éventuels alliés.
Marine Le Pen cherche du regard d'éventuels alliés. — Gutner/SIPA
  • Marine Le Pen lance dimanche à Fréjus (Var) la campagne des européennes.
  • Le Rassemblement national peine à convaincre des élus de droite à le rejoindre.
  • Même Nicolas Dupont-Aignan, l'ancien allié, pourrait présenter une liste en mai prochain.

C’est un sondage qui ne pouvait pas mieux tomber. Marine Le Pen effectue sa rentrée politique dimanche à Fréjus (Var) en lançant la campagne des Européennes dans un contexte difficile. Le Rassemblement national est cerné par les affaires (emplois fictifs au Parlement européen, financement de ses campagnes en 2014 et 2015) et en grande difficulté financière, après la saisie de deux millions d’euros d’aide publique.

Chahutée lors d'un déplacement dans le Var mercredi, la députée RN a peut-être retrouvé le sourire devant l’enquête Odoxa pour Le Figaro et franceinfo publié jeudi. Le Rassemblement national serait au coude à coude avec La République en marche (21 % contre 21.5 %). « On progresse alors que la campagne n’est même pas lancée. Nos idées ont le vent en poupe, on le voit en Suède, en Italie, en Autriche », se satisfait le député RN (ex-FN) Ludovic Pajot. Le RN doit d’ailleurs imprimer des tracts montrant Marine Le Pen à côté de son allié italien devenu ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini.

Nicolas Dupont-Aignan joue la montre

« Ce sondage montre que les Européennes se joueront sur deux projets clairs et antagonistes : celui d’Emmanuel Macron, qui veut aller plus loin dans le libre-échange et l’immigration. Et le nôtre, qui défend une Europe des nations et des protections, poursuit l’eurodéputé RN Nicolas Bay. Si nous parvenons à faire le rassemblement de tous les nationaux, nous serons en capacité de distancer largement la liste pilotée par le président ».

Reste que malgré son changement de nom, l’ex-Front national voit plutôt ses alliances fondre ces derniers mois. L’ancien partenaire d’entre-deux-tour Nicolas Dupont-Aignan snobe pour l'instant les avances frontistes. « Une liste commune, c’est une fusion. Ça ne sera pas suffisant pour gagner. Nicolas Dupont-Aignan a tiré les leçons de 2017 et souhaite créer un vrai rassemblement, avec nous, le RN, Jean-Frédéric Poisson, Nadine Morano, Guillaume Peltier… Un tête à tête avec Marine Le Pen ne serait pas à la hauteur des enjeux », glisse Damien Lempereur, porte-parole de Debout la France.

En clair, le patron du parti souverainiste se réjouit des plus de 6 % que lui promettent les sondages et joue la montre en attendant une éventuelle recomposition politique. « Il se positionne déjà pour 2022 », s’agace un cadre du Rassemblement national.

Avec Thierry Mariani, « ça va se faire », confirme un cadre RN

« Nous n’aurons de cesse de maintenir la porte-ouverte d’ici mai et d’autres personnalités vont répondre à notre appel », répond le député Sébastien Chenu, porte-parole du RN. En attendant, aucun cadre des Républicains n’a osé franchir la ligne rouge tracée par Laurent Wauquiez : pas d’alliance avec les frontistes. Même le ralliement attendu de Thierry Mariani tarde à arriver. L’ancien député du Vaucluse a bien reconnu des prises de contact en vue des élections européennes cette semaine, précisant toutefois que rien n’était encore « décidé ». « Ça va se faire. Nous ne sommes pas inquiets du tout », affirme un responsable du Rassemblement national.

« Thierry Mariani, figure de la droite forte et ancien ministre de Sarkozy serait une belle prise car le cordon sanitaire continue de bien fonctionner. D’ailleurs, la difficulté pour Nicolas Dupont-Aignan de se faire réélire député montre combien l’alliance avec le FN lui a coûté », avance Sylvain Crépon, enseignant-chercheur à l’université de Tours. « Le rapprochement se fait de plus en plus au niveau local mais les états-majors LR et RN se regardent pour l’instant en chien de faïence, chacun s’inquiétant de savoir qui va manger l’autre ».

Marine Le Pen s’est, elle, inquiétée d’une disparition plus immédiate. Le 26 septembre, elle saura si la justice confirme ou non le gel des deux millions d’euros. « Nous risquons la mort », a-t-elle prévenu.

>> A lire aussi : Les Républicains se déchirent sur le cas Viktor Orban avant les élections européennes

>> A lire aussi : VIDEO. Var: «Cassez-vous!», Marine Le Pen chahutée dans un village qui doit accueillir un centre de demandeurs d'asile