Bordeaux: Est-ce qu'il faut continuer à construire beaucoup? Juppé répond oui

POLITIQUE Lors de sa conférence de presse de rentrée le maire de Bordeaux et président de la Métropole Alain Juppé a donné sa vision sur la mobilité et le logement, les deux dossiers sensibles du moment…

Elsa Provenzano

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Alain Juppé, le 9 septembre 2018 à Bordeaux.
Alain Juppé, le 9 septembre 2018 à Bordeaux. — M.Bosredon/20Minutes
  • Alain Juppé fait de la mobilité et du logement ses deux priorités pour ces deux années de mandat restantes. 
  • Il veut continuer à densifier la ville pour répondre aux pénuries de logements, en diversifiant l'offre. 
  • Il propose des pistes pour désengorger la métropole ( plan rail, BHNS électrique, véloroute etc). 

La qualité de vie bordelaise, principal facteur d’attractivité pour les nouveaux habitants, est-elle mise à mal par les grosses difficultés de circulation sur l’agglomération et les difficultés à se loger ? Le maire de la ville a bien identifié le ras-le-bol croissant des habitants de l’agglomération sur ces deux dossiers sensibles mais n’entend pas changer sa stratégie politique sur le fond.

« Est-ce qu’il faut continuer à construire beaucoup ? Dès lors que nous avons fait le choix d’arrêter l’étalement urbain, qui a été la caricature de notre agglomération pendant 20 ans, il faut densifier et la densification n’est pas populaire, analyse Alain Juppé. Je pense néanmoins qu’il faut continuer à construire parce que nous sommes dans une agglomération en tension et même en pénurie. »

Répondre aux pénuries de logements sociaux et étudiants

Les immeubles doivent continuer à sortir de terre car la métropole connaît une pénurie de logements sociaux, (3.000 par an sont construits depuis 2011) et en termes de logements en accession à prix maîtrisés. Alain Juppé s’est aussi arrêté sur la situation des étudiants, pour lesquels se loger est devenu un vrai casse-tête et il va rencontrer prochainement le recteur d’Académie sur ce sujet. « Nous ne voulons pas construire pour Airbnb a-t-il rappelé. Les investisseurs qui achètent pour mettre directement sur les plateformes, nous n’en voulons pas. C’est une cause d’éviction des étudiants. » « Il faut continuer en diversifiant l’offre », a poursuivi l’élu, comptant sur l’action de l’établissement public foncier pour stopper la flambée des prix.

L’autre gros point noir de la ville, présentée depuis ces dernières années comme un eldorado, c’est la mobilité. Le maire de Bordeaux a cité un sondage ifop sur le climat municipal assez élogieux (93 % des personnes interrogées sont contentes de vivre à Bordeaux quand la moyenne dans les grandes villes est de 83 %) mais qui fait apparaître que seuls 29 % sont satisfaits de la circulation et 18 % du stationnement.

Un plan rail souhaité

Le sous-dimensionnement de la rocade, qui dépend de l’Etat a rappelé le maire, est pointé en premier lieu mais des travaux d’élargissement ont déjà été lancés. Une expérimentation avec des feux en entrée de rocade doit permettre d’améliorer la fluidité mais il est encore trop tôt pour constater ses effets. Alain Juppé a aussi évoqué une régulation du trafic des poids lourds aux heures de pointe, il estime qu’une taxe sur les poids lourds internationaux doit aussi être envisagée.

La métropole demande un plan rail car elle estime l’utilisation des TER, gérés par la Région, est insuffisante. Elle y voit un potentiel important pour répondre aux déplacements domicile travail, « à condition qu’il y ait un meilleur cadencement et qu’on rouvre des gares comme par exemple celle de la Médoquine ». Un bras de fer est en cours sur ce dossier avec la SNCF.

L’élu s’est prononcé en faveur d’une expérimentation de cars express qui relieraient le secteur de Libourne à Bordeaux et destinés à des voyageurs qui laisseraient leur véhicule dans un parc relais.

Un BHNS électrique et une véloroute

Les extensions de lignes de tram se poursuivent et l’enquête publique concernant le prolongement de la ligne A jusqu’à l’aéroport sera lancée fin septembre.

Le projet de bus à haut niveau de service (BHNS) entre Saint-Aubin, Caudéran et la gare Saint-Jean a été annulé par le tribunal administratif « pour des éléments de pure forme, estime Alain Juppé. On va faire appel. » A cette occasion, le projet va être transformé pour devenir le premier BHNS électrique.

De retour de visites à Amsterdam et Copenghague avec une délégation, le maire a présenté un plan vélo qui promet « des pistes ininterrompues et sécurisées » aux cyclistes. Et, pour « aller chercher les cyclistes plus loin », une première expérience de véloroute va être mise en œuvre en circulaire ou pour pénétrer en centre-ville. A Copenhague ces véloroutes vont jusqu’à 10 ou 15 kilomètres du centre-ville.

A deux ans de la fin de son mandat, il reste à Alain Juppé peu de temps pour faire ses preuves sur ces deux dossiers brûlants.

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