Marseille: «Je ne me présenterais pas si je n’avais pas le soutien de Gaudin, Vassal et Muselier» assure Bruno Gilles

INTERVIEW Dans une interview accordée à 20 Minutes, Bruno Gilles dessine les premiers contours de sa candidature, qu’il déclare officiellement ce jeudi…

Propos recueillis par Mathilde Ceilles

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Bruno Gilles dans son bureau de maire en octobre 2017
Bruno Gilles dans son bureau de maire en octobre 2017 — Bertrand Langlois / AFP
  • Bruno Gilles est officiellement candidat à la mairie de Marseille.
  • Il explique pourquoi à 20 Minutes.

C’est désormais acté. Interrogé par 20 Minutes, le sénateur Les Républicains Bruno Gilles le confirme : « Je suis candidat aux élections municipales de mars 2020 à Marseille ». Retour sur la première candidature officielle des LR au poste de maire de la deuxième ville de France.

Avez-vous le soutien de la commission nationale d'investiture des Républicains ?

Non, pas encore. Mais j’en ai parlé avec Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau ou Gérard Larcher. Mais ce n’est pas à 15 mois des élections municipales que l’on reçoit les investitures de son parti. Toutefois, je ne me déclare pas du tout en dehors de mon parti. Je suis d’ailleurs candidat à ma succession en tant que président de la fédération départementale en octobre prochain.

Avez-vous parlé de votre candidature à Jean-Claude Gaudin ?

Je compte faire le rassemblement, y compris au sein de ma propre famille politique, et j’espère le montrer rapidement. Je ne suis pas fou, je ne partirais pas si je n’avais pas le soutien de Jean-Claude Gaudin, Martine Vassal et Renaud Muselier. Si je me lance, c’est que ma forme est redevenue olympique [ Bruno Gilles a subi une greffe du cœur]. Mais je me lance aussi parce que ma famille accepte cette décision, et que j’ai beaucoup d’amis derrière moi, dont le soutien massif des «lourds» que sont Jean-Claude Gaudin, Martine Vassal et Renaud Muselier. Ce serait de la folie de me griller sinon. Une grosse partie de ma famille politique me soutient.

Je suis un des candidats, si ce n’est le candidat le plus légitime. J’ai été de plus député plusieurs fois, sénateur, maire d’arrondissement. J’ai gagné des batailles politiques contre Marie-Arlette Carlotti, alors ministre, et Jean-Noël Guérini. Je suis le dénominateur commun.

Quel est votre projet ?

L’élection est dans 18 mois, mais les enjeux sont tellement différents. Je veux sortir du cadre de la campagne traditionnelle, car je veux faire participer les Marseillaises et les Marseillais à ce programme, en faisant le tour des arrondissements, à travers des rencontres du tissu économique et associatif. Je souhaite également mettre en place des groupes de travail pour aller chercher des personnalités du monde socio-économique qui pourraient me rejoindre sur la liste.

Comment comptez-vous procéder ?

Le but, c’est de ne pas arriver devant les Marseillais trois mois avant les élections en leur disant qu’on a toutes les solutions à leurs problèmes. Marseille a beaucoup changé en 20 ans, mais des choses ne vont pas, et je viens écouter les Marseillais avec beaucoup d’humilité pour partager ce constat et leur demander aussi des solutions, des propositions. Mardi par exemple, je rencontre par le biais d’un ami une dizaine de Marseillais avec qui je vais discuter. Ce soir, je vois un président d’association qui aimerait bien que je vienne à la rencontre des gens de sa cité.

Cette nouvelle démarche me coûte intellectuellement, moi qui suis issu d’une école traditionnelle de la politique où l’on donne un tract avec déjà le programme. Je veux construire un large mouvement, en allant chercher des électeurs en dehors de ma famille politique.

Est-ce à dire que vous êtes prêts à nouer des alliances ?

J’ai combattu le président Macron, ce n’est pas pour un an après passer des accords avec ses équipes, qui sont de plus en perte de vitesse. Je ne vais pas me lier avec tel ou tel député LREM. Je veux bâtir la candidature de la droite républicaine et du centre, une candidature largement élargie à la société marseillaise. Je suis prêt à franchir le pas. Mes ennemis restent toutefois l’extrême gauche et l’extrême droite.

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