Guerre d’Algérie: Emmanuel Macron fait un pas pour la reconnaissance de la torture

SYMBOLE Les archives vont notamment êtres rendues publiques…

Rachel Garrat-Valcarcel

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Bien qu'il ne fasse qu'un petit pas, Emmanuel Macron pourrait se mettre des associations d'anciens combattants à dos.
Bien qu'il ne fasse qu'un petit pas, Emmanuel Macron pourrait se mettre des associations d'anciens combattants à dos. — ERIC FEFERBERG / AFP

Est-ce un nouveau tournant dans la vision qu’a officiellement l’Etat de la guerre d’Algérie ? Peut-être un petit premier pas. Si on en croit France Inter, Emmanuel Macron va reconnaître « une forme de responsabilité » de l’Etat dans la torture en Algérie. Un tabou depuis près de soixante ans pour la République qui n’a reconnu les « événements d’Algérie » comme une « guerre » qu’en 2002.

Le président de la République va en effet rencontrer cet après-midi Josette Audin, la veuve de Maurice Audin disparu en juin 1957 après avoir été arrêté et torturé par des soldats proches du général Massu. Ce sera donc l’occasion pour Emmanuel Macron de reconnaître un « système légalement institué » et le chef de l’Etat remettra une déclaration en ce sens à la veuve de cece mathématicien communiste militant de l’indépendance de l’Algérie. Mais attention, pas non plus une responsabilité de l’Etat pleine et entière. La République ira de sa reconnaissance de ces faits à petites doses. Et il s’agit de ménager les associations d’anciens combattants, qui ne manqueront de toute façon pas de tiquer au geste d’Emmanuel Macron.

Ouverture des archives

Maurice Audin, dont le corps n’a jamais été retrouvé, était un militant décolonialiste et membre du Parti communiste français : un autre symbole, à la veille de la fête de l’Humanité, grand rassemblement annuel du parti à la faucille et au marteau.

Le mathématicien Maurice Audin, disparu en 1957
Le mathématicien Maurice Audin, disparu en 1957 - STF / AFP

Enfin, le geste symbolique du chef de l’Etat va tout de même s’accompagner d’un autre, plus concret : l’ouverture de toutes les archives de l’Etat, et pas seulement celles du ministère des Armées, concernant les disparus d’Algérie. Un espoir pour des centaines de familles, parmi lesquelles celle de Maurice Audin.

Une plainte déposée contre X pour « homicide volontaire »

Aucune explication officielle ne sera donnée sur la disparition de ce père de trois enfants, si ce n’est « son évasion au cours d’un transfert ». Sa femme Josette a déposé plainte contre X pour « homicide volontaire » à Alger et un comité de soutien s’est constitué autour d’elle.

Les défenseurs d’Audin devront attendre 2013 pour obtenir une première victoire avec l’ouverture des archives concernant l’affaire décidée par François Hollande. Contactée par l’AFP, la veuve de Maurice Audin, Josette Audin, n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat.

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