Le nouveau président de l'Assemblée nationale sera élu ce mercredi

RENTREE Le suspense est insoutenable mais on peut penser que c’est Richard Ferrand, issu du groupe majoritaire, qui sera élu…

R. G.-V. avec AFP

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Richard Ferrand va devenir le 14e président de l'Assemblée nationale.
Richard Ferrand va devenir le 14e président de l'Assemblée nationale. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Le palais Bourbon fait sa rentrée, marquée par l’élection attendue mais critiquée de Richard Ferrand, fidèle du chef de l’Etat, comme nouveau président d’une Assemblée nationale promise à un « an II » plus compliqué. Facilement investi lundi par les députés LREM, l’élu du Finistère de 56 ans, jusque-là chef de file du groupe, est assuré de l’emporter lors du vote à bulletin secret de l’ensemble des élus, du fait de la majorité dont disposent les « marcheurs » (312 députés sur 577).

Face à lui pour devenir le quatrième personnage de l’Etat, après le départ de François de Rugy pour le gouvernement : Annie Genevard (LR), Ericka Bareigts (PS), et Mathilde Panot (LFI), mais aussi tardivement Marc Fesneau (MoDem), dont le groupe centriste entend adresser un « signal » à la majorité et rappeler qu’il en est un des « deux piliers ».

Toujours pas de femmes

Alors que le perchoir n’a jamais été occupé par une femme, cette majorité de candidatures féminines vient appuyer les critiques de l’opposition sur ce choix de Richard Ferrand, l’ex-socialiste (37 années de cotisation) se voyant aussi reprocher de ne pas incarner le renouvellement. Mais le choix du député breton, élu par les LREM face notamment à l’ex-écologiste Barbara Pompili, évite une nouvelle crise dans la majorité, déjà bousculée par l’affaire Benalla qui se poursuit au Sénat mercredi.

Reste que s’il a promis mardi devant le Premier ministre Edouard Philippe de ne « jamais » faire défaut au gouvernement, Richard Ferrand est toujours sous la menace d’une possible mise en examen dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne. L’information judiciaire ouverte à Paris pour « prise illégale d’intérêts » a été récemment dépaysée à Lille.

Vote à bulletins secrets

Des candidatures de dernière minute au perchoir peuvent être déposées jusqu’à 15 heures, début des premières questions au gouvernement de la rentrée, sous la houlette de la vice-présidente de l’Assemblée Carole Bureau-Bonnard (LREM). Peu après 16 heures, selon un cérémonial codifié, les députés se succéderont à la tribune pour glisser un bulletin dans une urne, un tirage au sort déterminant l’ordre dans lequel ils seront appelés à voter. Le scrutin, qui devrait se solder en un tour, durera une heure environ et le dépouillement une cinquantaine de minutes.

Après la proclamation des résultats, le nouveau président devrait prononcer un discours depuis le perchoir. Le résident de l’hôtel de Lassay a notamment le rôle de présider le Congrès (qui réunit les deux chambres du Parlement). Dans l’hémicycle, c’est lui qui organise les débats, et peut arrêter une séance qui dérape, l’Assemblée ayant connu sous la présidence Rugy plusieurs séances houleuses, y compris au sein de la majorité, notamment sur le texte asile et immigration.

Un président ou une présidente pour le groupe ?

Effet domino oblige, les manœuvres en coulisse sont aussi lancées pour la présidence du groupe, qui suscite « des vocations de partout », dixit un élu LREM. Le dépôt des candidatures sera ouvert à partir de mercredi 20H00 et pour vingt-quatre heures, en vue d’un vote en réunion de groupe mardi. Pour l’heure, seule Laetitia Avia s’est déclarée, mais sont aussi cités les noms des porte-parole Gilles Le Gendre, Aurore Bergé (ex-LR) et Gabriel Attal, ou encore la présidente de la commission des Affaires sociales Brigitte Bourguignon (ex-PS).

Richard Ferrand sera le 14e président de l’Assemblée nationale sous la Ve République. Il succède à Edgar Faure, Achille Peretti, Jacques Chaban-Delmas, Louis Mermaz, Laurent Fabius, Henri Emmanuelli, Philippe Seguin, Raymond Forni, Jean-Louis Debré, Patrick Ollier, Bernard Accoyer, Claude Bartolonne et François de Rugy.

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