Le Rassemblement national fragilisé après la saisie de deux millions d'euros d'aide publique

ENDETTEMENT Le parti, très endetté, fait des économies en attendant la confirmation ou non de la saisie d'aides publiques par la justice le 26 septembre...

20 Minutes avec AFP

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Marine Le Pen en visite à Châlons-en-Champagne, le 7 septembre 2018.
Marine Le Pen en visite à Châlons-en-Champagne, le 7 septembre 2018. — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Fermeture de permanences et université d’été annulée… Le Rassemblement national, ex-FN, fonctionne au ralenti depuis la saisie par les juges en juillet de deux millions d’euros d’aide publique. Cette décision de justice n’a fait qu’aggraver la situation financière déjà délicate d’un parti très endetté.

La formation d’extrême droite saura le 26 septembre si la justice confirme ou non la saisie ordonnée dans l’enquête sur des emplois présumés fictifs d’assistants d’eurodéputés. En attendant, elle a interrompu la prise en charge du tiers du montant du loyer des permanences, comme elle le faisait depuis 2012.  Un quart des permanences auraient fermé depuis la saisie, selon le responsable des fédérations Jean-Lin Lacapelle.

Un parti surendetté

Le parti se serrera aussi la ceinture pour sa rentrée politique : pas d’université d’été réunissant cadres, élus et militants, mais un simple discours de la présidente Marine Le Pen à Fréjus dans le Var. Et les adhérents désireux de l’entendre devront payer leur déplacement. Le RN va quand même imprimer des tracts, comme celui qui va lancer la campagne des Européennes, mais ils comprendront chaque fois un appel aux dons.

Le parti fonctionne « a minima » en attendant mais si la saisie est confirmée, ce sera « la mort » du RN, regrette Marine Le Pen. En dépensant plus qu’il ne gagne entre 2011 et 2016, le RN a eu recours « toujours plus à l’emprunt », dont le remboursement « limitera inévitablement [ses] marges de manœuvre », d’après le trésorier Wallerand de Saint Just. En 2016, il s’établissait à 12 millions d’euros, en hausse de 341 % sur 2011.

Chute des adhésions

Les juges financiers parisiens ont d’ailleurs décidé cette saisie parce qu’ils craignent que le parti n’utilise cet argent pour rembourser ses dettes au lieu de payer d’éventuels dommages dans l’affaire des emplois fictifs au Parlement européen - dont le préjudice est estimé à près de sept millions d’euros.

Le feu sacré n’est plus là au sein du parti. André Murawski, conseiller des Hauts-de-France qui vient de démissionner du RN, évoque une chute des adhésions « un peu partout », de l’ordre de 50 % à 70 %. Le parti dit compter 45.000 adhérents, chiffre identique à celui que Marine Le Pen donnait en avril. Elle avait alors indiqué avoir perdu 6.000 adhérents depuis l’automne 2017, du fait que les adhésions ne pouvaient pas se faire en ligne, après la clôture toujours inexpliquée de plusieurs comptes du parti par la Société Générale. Il est à nouveau possible d’adhérer par Internet depuis le 6 mars.

Dans ce contexte, le RN « doit faire des économies », assure le trésorier. Il n’exclut pas un plan social, envisagé dès après les élections de 2017. Mais la saisie de deux millions d’euros empêche pour le moment de… le financer.