Une journaliste de Libération s'engage chez Montebourg

INFO 20MINUTES.FR Muriel Gremillet devient sa directrice de cabinet au Conseil général de Saône-et-Loire...

Emile Josselin

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Le député PS Arnaud Montebourg a déclaré mardi que le PS voulait "des victoires réciproques" avec la majorité lors de l'examen du projet de loi de réforme des institutions, tout en refusant que le chef de l'Etat s'exprime devant le Parlement.
Le député PS Arnaud Montebourg a déclaré mardi que le PS voulait "des victoires réciproques" avec la majorité lors de l'examen du projet de loi de réforme des institutions, tout en refusant que le chef de l'Etat s'exprime devant le Parlement. — Jacques Demarthon AFP/Archives

INFO 20MINUTES.FR - Deux de suite, série en cours: dix jours après le départ du correspondant du «Nouvel Obs» à Lyon vers le cabinet du maire PS Gérard Collomb, c'est «Libération» qui voit une de ses journalistes se lancer en politique: Muriel Gremillet, rédactrice au service politique du quotidien, va devenir la directrice de cabinet du socialiste Arnaud Montebourg, président du conseil général de Saône-et-Loire.

Interrogé par 20minutes.fr, Arnaud Montebourg se félicite de la venue d'une «pointure», depuis longtemps «proche» de ses idées en matière institutionnelles - mais sceptique à l'époque sur son l'alliance avec Ségolène Royal: «cet article a été un sujet assez comique, voire compliqué entre nous», s'amuse la bientôt ancienne journaliste: elle commence lundi, après neuf années à Libération.

«La presse aujourd'hui, c'est la sidérurgie»

La situation de la presse a compté dans sa décision. «Aujourd'hui, la presse, c'est la sidérurgie: on enchaîne les crises, mais on ne voit pas la sortie. Je ne peux plus travailler dans la survie permanente», analyse l'ancienne élue du comité d'entreprise de «Libé».

Arnaud Montebourg entend aussi bénéficier d'un «regard extérieur sur la Saône-et-Loire» pour l'aider dans le projet qui a selon lui motivé sa candidature puis son élection au conseil général. A savoir, «articuler le national et le local»: «ce qu'on va faire en Saône-et -Loire sera regardé en France», dit-il avec optimisme.

Sans doute pour devancer les critiques sur l'arrivée d'une journaliste de Paris en Saône-et-Loire, il précise qu'elle est «d'origine vosgienne, elle a commencé sa carrière à la Liberté de l'Est».

«Un boulot politique»

La journaliste de Libé sera-t-elle l'interface nationale de l'assemblée départementale? Interrogé sur le rôle qu'entend jouer Muriel Gremillet à ce poste, il précise qu'elle «sera une vraie directrice de cabinet. Elle a décidé de se lancer en politique». Jointe mardi soir au téléphone, la journaliste confirme à 20minutes.fr la conception de son rôle, loin de l'image du «techno», issu de l'administration. Celle d'un «boulot politique, avec des décisions à prendre, une majorité et une opposition dont il faut s'occuper».

Alors, ce passage en politique ressemble-t-il à celui - critiqués par la presse de gauche - de Catherine Pégard, passée du «Point» à l'Elysée? Muriel Gremillet réfute cette comparaison: «D'abord, je n'ai pas traité ces sujets pendant la campagne. Et puis je ne vais pas faire de la communication, mais de la politique. Je n'aurais pas vu l'intérêt autrement. Là, je vais être les mains dans le cambouis», explique-t-elle.

Tchalakoff, chez Dati pendant cinq mois


Outre Catherine Pégard , devenue conseillère de Nicolas Sarkozy, Gaël Tchalakoff du Nouvel Economiste, était devenue conseillère politique de Rachida Dati... pendant cinq petits mois, avant de démissionner. Myriam Lévy, du «Figaro», a intégré l'équipe de François Fillon. Et Jean-Marc Plantade a quitté «Le Parisien» pour Bercy.