Xavier Bertrand met en garde contre le «danger des extrêmes»

POLITIQUE Un rapprochement entre LR et le RN serait une « hérésie, un danger terrible pour notre pays », estime le président de la région Hauts-de-France...

20 Minutes avec AFP

— 

Xavier Bertrand.
Xavier Bertrand. — SIPA

Il fustige le « complexe de supériorité » d’Emmanuel Macron qui « peut coûter très cher (au) pays ». Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand (ex-LR), met en garde contre le « danger des (partis) extrêmes », aggravé par Emmanuel Macron qui selon lui ne « comprend pas les territoires ».

« Le danger des extrêmes est loin d’être écarté dans notre pays », affirme samedi dans un entretien sur le site du Parisien l’élu, qui a quitté LR au lendemain de l’élection de Laurent Wauquiez à sa présidence en décembre.

Les Hauts-de-France sont un bastion du parti d’extrême droite Rassemblement national (RN, ex-FN). La liste de Marine Le Pen y avait obtenu 42 % des voix aux régionales de 2015, contre 58 % pour Xavier Bertrand. Un rapprochement entre LR et le RN serait une « hérésie, un danger terrible pour notre pays », ajoute Xavier Bertrand, qui se revendique d’une droite gaulliste et sociale et est en désaccord avec la ligne très droitière de Laurent Wauquiez.

« Ce pouvoir est technocratique comme jamais »

Le chef de l’Etat, au plus bas dans les sondages, « ne comprend pas les territoires, ne comprend pas les élus, et ne voit pas que c’est avec du dialogue et du partenariat qu’on pourrait être plus efficace pour les Français », estime Xavier Bertrand, en l’invitant à « faire confiance aux élus, à des syndicats comme la CFDT, à ses ministres ».

« Le fait qu’il ait le sentiment d’avoir raison sur tout ne peut pas durer, ça ne marche pas. Beaucoup de Français modestes pensent qu’il n’est pas un président pour eux, et les retraités savent désormais qu’il est un président contre eux », développe Xavier Bertrand.

« Ce pouvoir est technocratique comme jamais, et (…) les choix du président sont totalement déconnectés des réalités quotidiennes de nos concitoyens », dénonce-t-il en plaidant pour « d’autres choix possibles : plus justes, plus équilibrés que ceux qui sont faits depuis près de 18 mois ».