Face à Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon n'assume pas son accusation de xénophobie

OPPOSITION Le leader de La France insoumise a plaidé « l'exagération marseillaise » pour justifier ses propos...

B.C.

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jean-Luc Mélenchon à Marseille le 7 septembre 2018
jean-Luc Mélenchon à Marseille le 7 septembre 2018 — CHRISTOPHE SIMON / AFP

Impromptue ou non, la rencontre entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchonvendredi soir, à Marseille, a donné lieu à une scène cocasse. Devant des caméras, le leader de La France insoumise s’est fait rappeler ses propos tenus lors d’une manifestation selon lesquelles Emmanuel Macron serait « le plus grand xénophobe qu’on ait ». Niant d’abord la chose, Jean-Luc Mélenchon s’en est sorti par une pirouette en plaidant une « légère exagération marseillaise ».

Il aurait été dommage de gâcher le moment. Alors que le chef de l’Etat est à Marseille pour un sommet avec Angela Merkel, Jean-Luc Mélenchon est en campagne pour les élections européennes. Et Emmanuel Macron a profité de cette rencontre opportune, et organisée par les deux camps selon le Figaro, pour dire que le chef de file de la gauche radicale n’était pas « un ennemi ». Devant un Jean-Luc Mélenchon a l’air ravi, Emmanuel Macron a expliqué : « J’ai toujours du plaisir à discuter avec monsieur Mélenchon. On n’a pas toujours les mêmes idées, mais c’est toujours respectueux et intéressant. On a des confrontations politiques mais ce n’est pas mon ennemi. »

Adversaire ou allié ?

Selon certains observateurs, cette séquence place Jean-Luc Mélenchon dans un rôle d’opposant principal au chef de l’Etat « et en même temps » d’allié de LREM face au Rassemblement national de Marine Le Pen. Pour d’autres, cette complicité décrédibilise La France insoumise qui serait, du point de vue de l’Elysée, un adversaire moins redoutable et donc préférable aux autres forces d’opposition.

D’ailleurs, Marine Le Pen aussi bien qu’Olivier Faure n’ont pas manqué de commenter la séquence et de juger que Jean-Luc Mélenchon s’y montre peu à son avantage.