Merkel, Mélenchon et un bain de foule pour Macron à Marseille

POLITIQUE Le président français a dîné avec la chancelière allemande avant de passer 45 minutes avec des Marseillais sur le Vieux-Port où il a croisé le député insoumis...

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron et Angela Merkel  à Marseille, le 7 septembre 2018.
Emmanuel Macron et Angela Merkel à Marseille, le 7 septembre 2018. — CHRISTOPHE SIMON / AFP

Emmanuel Macron a passé trois quarts d’heure avec des Marseillais vendredi soir sur le Vieux-Port, répondant aux questions sur l’affaire Benalla, le carriérisme des politiques ou les règlements de compte et bavardant même avec Jean-Luc Mélenchon à minuit passé.

Juste après un dîner avec la chancelière Angela Merkel non loin de là, le chef de l’Etat a décidé à l’improviste de sortir pour un bain de foule, à la plus grande joie des passants qui se pressaient autour de lui dans une atmosphère bon enfant.

Multipliant les selfies, au milieu des cris de « Macron » ou « Manu » enthousiastes, il a argumenté une dizaine de minutes avec un jeune homme qui accusait les politiques de carriérisme et lui demandait de s’expliquer sur l’affaire Benalla.

« Pas d’obstruction à la justice »

« Moi je gagnais beaucoup mieux ma vie avant. Je ne le fais pas pour moi, président, mais parce que je crois dans mon pays. » « Si je pensais avant tout à ma carrière, je n’aurais pas fait ce que j’ai fait. Ce n’est pas le meilleur moyen de protéger ma famille, de mettre de l’argent de côté, de vivre tranquille et d’être considéré […] », a répondu Emmanuel Macron.

Pour défendre les politiques, il a cité en exemple son adversaire de la France Insoumise. « Je ne partage pas les idées de Jean-Luc Mélenchon, mais il croit dans ce qu’il dit, il ne fait pas sa carrière. Il serait beaucoup plus tranquille s’il faisait autre chose. » Ce jeune homme têtu lui a ensuite demandé des comptes sur Alexandre Benalla, selon lui « protégé par l’Elysée » puisque « le ministre de l’Intérieur n’a pas saisi la justice » pour les violences commises par l’ancien collaborateur du président.

Ce qu’Emmanuel Macron a réfuté, avec énergie. « Il a été sanctionné par l’Elysée dès le lendemain. Il n’a pas été protégé », a-t-il assuré. « Au vu du contexte, il n’y avait pas matière à saisir la justice, car Alexandre Benalla était invité par la préfecture de police. » « On n’a rien caché. Il n’y pas eu obstruction de la justice, je vous le dis les yeux dans les yeux », a plaidé le président, alors que la commission d’enquête du Sénat va auditionner mercredi son chef de cabinet.

« Toujours du plaisir à discuter avec Monsieur Mélenchon »

Au cours de sa déambulation, Emmanuel Macron a rencontré Jean-Luc Mélenchon avec qui il a bavardé quelques minutes en souriant. « J’ai toujours du plaisir à discuter avec Monsieur Mélenchon. On n’a pas toujours les mêmes idées »… «Pas souvent », a coupé le leader de la France Insoumise. « Mais c’est toujours respectueux et intéressant. On a des confrontations politiques mais ce n’est pas mon ennemi », a poursuivi le président.

« Je suis content que vous soyez dans ma circonscription », a conclu l’élu de Marseille. « Pourquoi n’avez-vous pas emmené Madame Merkel se promener un peu ? »