Alsace: «On va rentrer dans le vif du sujet», suspense pour l'avenir du Haut-Rhin et du Bas-Rhin

REGION Après la réouverture du dossier de fusion entre Haut-Rhin et Bas-Rhin, un rapport remis cet été et des discussions enclenchées, «20 Minutes» fait le point sur le chantier de la possible future collectivité d'Alsace...

Bruno Poussard

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Une grande consultation publique organisée par les présidents des Conseils départementaux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin s'est tenue au printemps en Alsace.
Une grande consultation publique organisée par les présidents des Conseils départementaux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin s'est tenue au printemps en Alsace. — A. Ighirri - 20 Minutes
  • Après la réouverture du dossier de fusion entre Haut-Rhin et Bas-Rhin, un rapport a été remis cet été et des discussions viennent d'être enclenchées.
  • A l'aube du retour de la ministre chargée de ce dossier en Alsace avant qu'une décision gouvernementale ne soit prise, «20 Minutes» fait le point.

Le lobbying continue. Pour son discours de rentrée ce jeudi, le président du Conseil départemental du Bas-Rhin a lancé un nouvel appel « pour un grand mouvement qui transcende les clivages politiques » sur l’avenir institutionnel de l’Alsace. Mais « un long chemin reste à parcourir », a cependant reconnu dans la foulée Frédéric Bierry.

Rouvert récemment, ce dossier est un serpent de mer. Commandé en début d’année par le Premier ministre, un rapport du préfet Jean-Luc Marx sur la possible création d’une nouvelle collectivité a été publié cet été. S’il n’a jamais été question de sortir du Grand Est, la fusion du Haut-Rhin et du Bas-Rhin n’a pas non plus les faveurs de ce dernier.

Plusieurs hypothèses soulevées

Frédéric Bierry et Brigitte Klinkert, son homologue haut-rhinoise, rêvent, eux, d’une nouvelle collectivité à statut particulier ( comme la Corse) rassemblant leurs conseils départementaux (mais sans impact sur les noms Haut-Rhin et Bas-Rhin ni sur les préfectures de Strasbourg et Colmar) et tournée vers le bassin rhénan (et l’Allemagne).

Ils réclament aussi de nouvelles compétences à l’Etat (sur l’apprentissage des langues, le transfrontalier, la mobilité…), ou encore pour agir auprès des entreprises sur le plan économique. « On se réjouit déjà de la prise conscience d’une réelle attente de reconnaissance du territoire alsacien, insiste Frédéric Bierry. "Step by step", on construit. »

Une décision attendue en novembre

Plusieurs hypothèses existent. Les discussions sont ouvertes avec Jacqueline Gourault, ministre chargée de ce dossier. Passée fin août, elle est de nouveau attendue en Alsace en septembre. « On va rentrer dans le vif avec le sujet, précise le président bas-rhinois. Edouard Philippe a parlé de droit à la différenciation, on va voir jusqu’où le gouvernement sera prêt à aller. »

Une décision est espérée en novembre par les élus impliqués sur le dossier. « Le président devrait se prononcer dans quelques semaines, on a donc un temps court de travail intense qui j’espère, lui permettra d’annoncer des choses très positives lorsqu’il reviendra en Alsace en novembre », conclut Frédéric Bierry. D’ici-là, suspense et lobbying.