Face aux critiques de son ministre de l'Intérieur, Macron se dit déterminé à mener des réformes difficiles»

«HUMILITE» Gérard Collomb a déclaré ce jeudi que la baisse spectaculaire de popularité de l’exécutif était peut-être due à un « manque d’humilité »…

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron et Gérard Collomb, le 3 août 2018.
Emmanuel Macron et Gérard Collomb, le 3 août 2018. — Michel Euler / POOL / AFP

Petite mise au point au gouvernement. Face aux critiques émises par son ministre de l’Intérieur sur leur possible « manque d’humilité », Emmanuel Macron a assuré ce jeudi croire « dans l’écoute et le doute sain ».

Ce « doute sain » ne doit « en rien entraver le cœur du mandat qui m’a été donné, qui est de transformer la France en profondeur », a ajouté Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse commune avec les Premiers ministres du Luxembourg, des Pays-Bas et de la Belgique.

Malédiction des dieux

Quelques heures plus tôt, Gérard Collomb avait déclaré que la forte baisse de popularité de l’exécutif dans les sondages demandait « interrogation de notre part », ajoutant que « peut-être, les uns ou les autres, nous avons manqué d’humilité ». « J’étais dans le temps professeur de grec. En grec, il y a un mot qui s’appelle « hubris », c’est la malédiction des dieux. Quand, à un moment donné, vous devenez trop sûr de vous, vous pensez que vous allez tout emporter. »

« Il y a une phrase qui dit que « les dieux aveuglent ceux qu’ils veulent perdre », donc, il ne faut pas que nous soyons dans la cécité », a poursuivi le ministre. « Le ministre de l’Intérieur a raison. Il faut toujours écouter nos concitoyens », a répondu Emmanuel Macron depuis le Luxembourg.

Impopularité record

C’est en écoutant ces craintes, a ajouté le président, qu’on a « pu corriger des dispositifs qui étaient mal faits » concernant le prélèvement à la source. « Si nous n’avions pas pris garde, nous aurions eu trois millions de Françaises et de Français qui allaient perdre de l’argent dans les premiers mois de l’année 2019. Là, il n’y en aura plus », a-t-il insisté.

Pour autant, « écouter, ce n’est pas céder à l’esprit du temps », a averti Emmanuel Macron, déterminé à « mener des réformes importantes, difficiles, dont les pleins effets parfois -je pense à la réforme des retraites- se verront dans cinq ou dix ans, mais qu’on a toujours différées ». « Entre la réforme qui ne s’arrête pas et l’inaction, il y a la place à l’action réfléchie, c’est celle pour laquelle j’ai opté », a-t-il souligné.

Selon plusieurs sondages récents, le président et son Premier ministre connaissent une impopularité record, entre 23 % et 31 % d’opinions positives pour Emmanuel Macron, entre 24 % et 35 % pour Edouard Philippe.