Qui sont les six candidats à la présidence de l'Assemblée nationale?

PERCHOIR L'ensemble des députés voteront le 12 septembre, jour de reprise, pour élire leur président, après le départ de François de Rugy au ministère de la Transition écologique...​ 

20 Minutes avec AFP

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Vue générale de la première séance des Questions au Gouvernement de la nouvelle Assemblée, au Palais Bourbon, à Paris, le 5 Juillet 2017.
Vue générale de la première séance des Questions au Gouvernement de la nouvelle Assemblée, au Palais Bourbon, à Paris, le 5 Juillet 2017. — SIPA

Quatre candidats LREM postulent à la présidence de l’Assemblée nationale pour succéder à François de Rugy, parmi lesquels deux femmes et un favori, le chef de file des députés de la majorité, Richard Ferrand. Les Républicains et les insoumis ont également présenté un candidat. L’ensemble des députés voteront le 12 septembre, jour de reprise, pour élire leur nouveau président.

  • Richard Ferrand de nouveau dans la lumière ?

Richard Ferrand a confirmé mercredi qu’il briguait l’investiture de son groupe pour le perchoir afin de « poursuivre » le travail de « modernisation » de l’institution. « Depuis 15 mois nous avons porté ensemble des transformations importantes, profondes. Nous avons montré notre capacité à agir collectivement et cela m’a apporté une certaine expérience cumulée au mandat précédent », a ajouté le chef de file des députés LREM, soulignant être « un de ceux qui connaît » le mieux « le projet » présidentiel, pour en avoir été à l’origine aux côtés d’Emmanuel Macron et d’une poignée de soutiens.

Bref ministre de la Cohésion des territoires au début du quinquennat, Richard Ferrand, 56 ans, avait été contraint de démissionner du gouvernement après avoir été mis en cause dans une affaire immobilière liée aux Mutuelles de Bretagne. L’information judiciaire ouverte à Paris pour « prise illégale d’intérêts » a été récemment dépaysée à Lille.

Outre Richard Ferrand, qui a enregistré de nombreux soutiens publics au sein de son groupe (Amélie de Montchalin, Florian Bachelier, Roland Lescure…), deux femmes se sont déclarées candidates dans les rangs de la majorité : la présidente de la commission du Développement durable, Barbara Pompili et la députée de l’Isère Cendra Motin. La présidente de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet (LREM) a annoncé jeudi qu’elle retirait sa candidature à l’investiture de son groupe pour le perchoir de l’Assemblée. « Le sens de ma candidature a toujours été de susciter le débat, pas la division » et « ma candidature n’a jamais été celle d’une ambition personnelle, c’est celle d’une ambition pour notre Assemblée », explique Yaël Braun-Pivet.

« Je choisis aujourd’hui d’annoncer le retrait de ma candidature et mon choix personnel de voter pour Richard Ferrand » car « je retrouve dans son projet les propositions que je porte pour poursuivre la transformation de l’institution dans laquelle nous nous sommes engagés », poursuit l’élue des Yvelines. « Nous avons tous un rôle à jouer. Le changement est entre nos mains, collectivement », conclut celle qui portait « un projet de renouvellement profond » de l’Assemblée nationale.

  • Barbara Pompili, une ancienne ministre qui connaît bien les rouages du pouvoir

Députée LREM de la Somme et ancienne secrétaire d’Etat à la Biodiversité, Barbara Pompili, a fait valoir sur BFMTV que l’Assemblée avait un « besoin profond d’être rénovée ». Elle a aussi estimé que, « dans une période où la démocratie est en danger » avec la montée des populismes, il fallait « renforcer le rôle des parlementaires et du débat démocratique ».

Elle a aussi rappelé qu’une femme présidente de l’Assemblée serait une première et un symbole « fort pour le combat pour l’égalité » entre les hommes et les femmes.

Barbara Pompili, 43 ans, dont le nom avait été cité, parmi d’autres, pour succéder à Nicolas Hulot au gouvernement, connaît bien les rouages du pouvoir : ancienne assistante parlementaire, elle a coprésidé, lors de son premier mandat de député à partir de 2012, le groupe écologiste avec François de Rugy puis Cécile Duflot, et été ensuite secrétaire d’Etat à la Biodiversité dans les gouvernements Valls et Cazeneuve.

Ex-EELV devenue « réformiste », elle avait été en mars 2017 le premier membre de l’ancien gouvernement à soutenir Emmanuel Macron. Au début de la nouvelle législature, certains l’auraient bien vue au perchoir, mais Mme Pompili avait préféré soutenir son ancien collègue François de Rugy. « L’égalité est dans l’ADN d’En Marche », a plaidé en sa faveur le député marcheur Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot.

 

  • Cendra Motin, une novice en politique

Cendra Motin, novice en politique jusqu’en 2017, a déclaré vouloir incarner « le choix fort des Français d’un renouveau des visages et des pratiques », tout en ne s’affirmant pas « contre Richard Ferrand », dont « l’expérience politique est aussi un atout ».

  • Philippe Folliot, l’ancien UDI rallié à Macron

Mercredi soir, le député du Tarn Philippe Folliot, déjà candidat à ce poste en juin dernier, a indiqué à l’AFP avoir lui aussi déposé un dossier de candidature. Ancien membre de l’UDI rallié à Emmanuel Macron avant le premier tour de l’élection présidentielle, Philippe Folliot fréquente les bancs de l’Assemblée depuis 2002.

Les prétendants LREM avaient jusqu’à mercredi minuit pour se faire connaître, avant un vote interne pour les départager, lundi, lors d’un séminaire de rentrée à Tours. L’ensemble des députés voteront le 12 septembre, jour de reprise, pour élire leur président, des candidatures de plusieurs bords étant alors possibles.​

  • Annie Genevard, la candidature LR

Parallèlement, la vice-présidente (LR) de l’Assemblée nationale, Annie Genevard, a annoncé jeudi être également candidate au perchoir. Députée depuis 2012, elle plaide pour « la revalorisation du Parlement, la reconsidération de son rôle », alors que « la première année de cette mandature et l’affaire Benalla ont révélé toute l’importance du Parlement », selon Mme Genevard, par ailleurs secrétaire générale du parti Les Républicains.

Dans un mail aux députés LR que l’AFP s’est procuré, le président du groupe à l’Assemblée, Christian Jacob, confirme avoir demandé à Annie Genevard de se porter candidate en estimant que la présidence de François de Rugy « aura été marquée par un affaiblissement sans précédent » de l’Assemblée et par « une dépendance, voire une soumission à l’exécutif, au mépris de la nécessaire séparation des pouvoirs. »

  • Mathilde Panot, la candidate insoumise

Autre candidate hors des rangs de LREM, Mathilde Panot sera elle candidate pour La France insoumise.