VIDEO. Emmanuel Macron, un remaniement a minima pour rebondir

EN DELICATESSE En difficulté dans les sondages, le chef de l'Etat a procédé à un remaniement ce mardi...

Thibaut Le Gal

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Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron. — Jacques Witt/SIPA
  • Emmanuel Macron a procédé à un remaniement après les démissions de Hulot et Flessel.
  • Après des jours d'hésitation, le prélèvement de l'impôt à la source a finalement été maintenu.

Emmanuel Macron tente de reprendre la main. Dans un contexte politique délicat, le chef de l’Etat a procédé ce mardi à un remaniement poste pour poste : François de Rugy pour Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique ; Roxana Maracineanu pour Laura Flessel aux Sports. Pas de chamboulement, donc.

« Ce remaniement a minima est un peu surprenant dans la mesure où l’exécutif avait besoin de nouvel élan. Le président a connu une succession de crises durant l’été, qui a entraîné une baisse de popularité dans l’opinion », rappelle Jérôme Sainte-Marie, président de l’institut de conseils et d’études Polling Vox.

Dans un sondage Ifop publié mardi, le chef de l’Etat perd dix points de popularité. Ce matin, François Hollande doit sourire : Emmanuel Macron réussit à faire pire que son prédécesseur au même stade (31 % contre 32 %).

« Sa base sociologique commence à vaciller »

Chute dans les sondages, croissance en berne… La rentrée de l’exécutif est difficile. « Emmanuel Macron est lesté par des résultats économiques qui se font attendre, une image d’injustice sociale et une inquiétude pour le pouvoir d’achat. Ce qui est préoccupant, c’est que sa base sociologique commence à vaciller. Il perd 25 points chez les cadres et les professions libérales », poursuit le sondeur.

S’il a également perdu ses deux ministres les plus populaires du gouvernement, le chef de l’Etat n’est pas allé à la chasse aux symboles pour les remplacer. L'« ajustement » pratiqué mardi a pour « maîtres mots la constance et la cohérence », reconnaît une source gouvernementale : « on ne cherchait pas un clone de Nicolas Hulot ».

« Ce qui prévaut dans l’esprit du pouvoir : c’est la loyauté. Les éléments fidèles à Macron, pour ne pas dire obéissants, comme Rugy ou Ferrand [qui pourrait prendre sa place à la présidence de l’Assemblée] sont récompensés », indique Jérôme Sainte-Marie. « Les ministres fragilisés, comme Nyssen à la Culture, n’ont pas été remplacés car ils n’ont pas manqué au chef de l’Etat. La relation au président est donc le critère absolu ».

Rugy, salué par les chasseurs, critiqué par des écolos

« Rugy, c’est le recroquevillement de la politique écologique, une énorme erreur mais en même temps un signal très clair : le choix de la tranquillité », glisse à l’AFP un sceptique dans la majorité. Pas sûr que le profil du nouveau ministre apaise les inquiétudes des écologistes : sa nomination a davantage satisfait les chasseurs que les écolos.

Maintien de l’impôt à la source

Autre difficulté du jour pour l’exécutif, la mise en place de l’impôt à la source. Après plusieurs jours d’hésitation, le président a également tranché ce mardi. Et laissé le soin à son Premier ministre d’annoncer la nouvelle. « Au 1er janvier 2019, l’impôt sera prélevé à la source », a confirmé Edouard Philippe sur TF1. « Il ne faut pas confondre exigence et hésitations. Le président de la République a dit publiquement qu’il était sur ce sujet d’une exigence totale. Qu’il voulait être certain qu’il s’agissait d’une bonne réforme pour les contribuables ».

En maintenant la réforme, Emmanuel Macron continue de « revendiquer cette dynamique réformatrice et [montre] qu’il garde une forme de cohérence dans l’action, analyse Frédéric Dabi, directeur adjoint de l’Ifop. Même si dans tous les cas il ne manquera pas d’être critiqué sur ses hésitations, il avait plus à perdre en abandonnant le projet ». Trou d’air ou pas, Edouard Philippe prévient : « je n’ai aucune espèce de doute sur le fait que nous avançons ».